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 GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !

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Écrits : 13
Arrivée le : 29/05/2014
Occupations : Arnaquer des clients en étant médium.
Humeur : Joyeuse, évidemment.


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MessageSujet: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 29 Mai - 12:50



georges « georgie » flamel
Plus tard je voudrais être chef d'orchestre, trapéziste, artiste de music-hall, n'importe quoi, mais pas adulte. ▬ François Morel



Hey ! Je m'appelle Georges Flamel, allez savoir qu'est - ce qui est passé par la tête de ma maman ou de mon papa pour m'appeler comme ça. J'aime bien, mais beaucoup m'appelle Georgie. J'ai vingt deux ans et je suis une humaine. Après tout je ne vois pas ce que je pourrais être d'autre. Je travaille en tant que médium à mon compte, médium écrivain pour être précise. J'aime pas tellement mon métier et je m'en sors comme un gland mais ça me permet de survivre. Je m'auto-proclame haut et fort asexuelle, j'ai jamais eu d'attirance sexuelle de ma vie, ce qui est assez spécial. Beaucoup me juge bizarre par ma façon de m'habiller ou d'agir en général, je pense qu'on peut juger ça comme des particularités. On dit que je ressemble souvent à Emilie Autumn mais c'est des conneries.


behind blue eyes
I want to show you all the beauty you don't even know you hold, i'm hurting you for your own good, i'd die for you, you know i would !

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six degrees of inner turbulence
Oh show me the way to the next little girl ! Oh don't ask why, oh don't ask why. For if we don't find the next little girl, I tell you we must die.

MENTAL - Lorem ipsum dolor sit amet, consectetur adipiscing elit. Cras enim diam, tempor ac turpis nec, porttitor ornare purus. Praesent auctor cursus nisl ut tempor. Aenean et iaculis tellus, sed pharetra erat. In hac habitasse platea dictumst. Duis eget eleifend sem, quis pharetra eros. Integer eget mi vitae magna euismod consequat. Curabitur id tortor tellus. Aenean sagittis sem sed nisl luctus ultrices.

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ACTE I - EXPOSITION
PROLOGUE


« Et pourquoi t’as déménagé si c’était si cool là bas ? »
Georges leva un sourcil. Rare étaient ceux qui lui posait cette question. A ses oreilles, la demoiselle au prénom si viril analysait cette interrogation comme une provocation. L’autre ne devait avoir que ça à faire pour daigner s’intéresser à sa vie. Quoiqu’il en soit, il était hors de question qu’elle prête attention à ce misérable interlocuteur, au nom de la gloire, du bonheur et de la fierté.
« C’est chiant l’amusement. »


« There is a house in New Orleans
They call the Rising Sun
And it's been the ruin of many a poor girl
And God I know I'm one. »

Les Flamel avaient tout pour être heureux. Au lycée, Charlie se promenait avec des sarouels, des perles dans ses cheveux roux soigneusement dreadlockés et des lunettes sorties des seventies. Propre sur lui, Garett avait longtemps considéré Charlie comme une marginale sans but. Une future punk à chien. Ils se rapprochèrent, à coup d’alcool et de fumette, puis peu à peu, ce rapprochement ne fut plus que physique, oubliant les préliminaires de la pensée et de la philosophie pour se pencher sur les plaisirs de la chair. Garett et Charlie n’étaient désormais que des bêtes en recherche de sensations.

Quelques années plus tard, la luxure et la débauche les avaient menés au mariage. Leurs parents, conservateurs, ne comprirent pas ce geste. Pour eux, la famille et la vie posée ne rimait pas aux excès et aux fêtes. Ils étaient des marginaux et ils devaient le rester sans affluer sur la vie d’autrui. Garett et Charlie n’écoutaient rien. Ils vivaient comme bon leur semblait et n’hésitait pas à traiter d’intolérant ceux qui étaient contre la débauche, la vulgarisation des orientations sexuelles, le grotesque ou le vicieux. Garett avait changé, Charlie n’avait pas grandi. Dans cette ambiance de déboires naquît Soan. Révoltés, ses grands parents s’exprimèrent sur cette naissance, le jeune couple refusa d’entendre la raison et ils coupèrent les ponts avec leurs géniteurs. Le lendemain, ils quittaient la Caroline du Sud pour déménager à la Nouvelle Orléans dans la Lousiane. Sur le chemin, Charlie admirait les panneaux des états. Georgie, Alabama, Mississipi. Elle les répétaient sans cesse jusqu’à que l’Etat fut passé, alors elle continuait en énonçant en boucle le nom du nouvel Etat. Même si Alabama avait une sonorité amusante, elle adorait le nom de Georgie. Le paysage y était beau, là bas.

Une fois arrivés à destination, ils posèrent leurs valises en Louisiane. Leur nouvelle demeure était modeste et le couple l’avait choisi grâce à « son âme ». Installés, Garett devint cadre de banque et Charlie devint medium. Peu savait pourquoi elle avait prit une telle orientation professionnelle, mais sa fascination pour le paranormal devait en être la cause. Leur nid d’amour se stabilisait, Garett et Charlie oubliaient leur amour de débauche pour élever au mieux Soan. Neuf mois plus tard, une petite fille naissait, aux cheveux blonds et au visage de poupée. La mère sourit et regarda son mari.
« Louons Georges ! Et ainsi soit- il ! »

SCENE 1
-Leur maison était rudimentaire.
Il n’y avait qu’un canapé disposé au centre de l’immense salon. Les plantes, sagement assises dans leur lit de terre, le menaçait en l’assiégeant de tout part. Charlie disait que cette étrange disposition était pour les bonnes ondes. Pour les autres, c’était une de ses excentricités sans vraiment de raison.
Les folies de la cinglée. Cette réputation de tarée attisait la curiosité des habitants de la Nouvelle Orléans qui s’entassaient devant leur porte pour une de ses consultations. Charlie ne manquait pas de clientèle : A l’époque où la fidélité et la stabilité de l’emploi n’était pas monnaie courante, beaucoup se posaient des questions mais n’assumaient pas le fait d’aller voir une medium, surtout à écriture. Ses enfants la voyaient parfois, prendre un stylo et ordonner que tout le monde s’éloigne. Soi disant des entités allait prendre possession de ses mains pour écrire des messages. Garett semblait tantôt agacé par sa femme, tantôt amusé. Pour des croyants comme les Flamel, le métier de la mère fascinait.
Georges et Soan se haïssaient. Ils se battaient pendant les messes, les baptêmes, les repas, l’appel à la paix, le calme, le silence. Pour eux, l’armistice n’était pas prêt d’être signé, au grand désarroi de leurs parents impuissants. Garett était un homme occupé et conservateur. Pour lui, il était impensable qu’il puisse s’occuper une seconde de l’éducation de ses enfants. Charlie, quant à elle, n’avait pas des capacités maternelles exceptionnelles. Son métier la passionnait tellement qu’elle laissait ses enfants de côté, préférant partir à la chasse aux fantômes ou à appeler ses ancêtres, persuadée d’être une lointain descendante de Nicolas Flamel. Pourtant, la famille n’avait aucun rapport avec le philosophe, et Garett n’en pouvait plus d’expliquer par a+b ce fait à sa femme.
Dans cette atmosphère familiale, la fratrie restait turbulente. Que Dieu bénisse les Flamel.

Georges avait toujours été raillée. Elle était minuscule, même pour son âge. Trop rêveuse pour être une bonne penseuse, trop marginale pour être gentille, trop naïve pour jouer volontairement un rôle. On l’envoyait chez un psychologue. Elle en riait. Son prénom inadapté pour son genre lui attirait son lot de malheur aussi. Au final, on eut tellement pitié de la petite qu’on la surnommait Georgie. Cette dernière s’en attristait : Elle aimait bien son prénom. A sept ans, elle se fichait bien des genres et des normes. Elle aimait les petits garçons qui s’appelaient Céline, Rachid, June ou Kit. Elle aimait bien les petites filles qui s’appelaient Alex, Yamina, Ayumi ou Alissa. A sept ans, nous haïssons seulement si on nous apprend à haïr. Pour le moment, l’unique personne qu’elle avait apprit à haïr était son frère, pour des raisons obscures même pour elle.

SCENE 2
- « Il faut trouver l’entité. »
Charlie lui présentait sa feuille et son crayon. La petite tête blonde eut un petit sourire gêné. Elle ne comprenait pas vraiment sa mère. Cependant, elle n’osait pas tellement lui dire. Elle avait trop de respect envers sa génitrice.
« Il faut que les ondes de l’au-delà te traverse et passe à travers ta main pour en prendre possession.
- D’accord. »

Elle acquiesçait sans comprendre. Elle n’avait aucune notion de l’anatomie ou de la physique. Elle ne savait pas ce qu’était une onde, la possession, et encore moins ce qu’était le concept de l’au-delà. Elle s’imaginait une sorte de grand nuage où les gens bronzaient, un peu comme une plage municipale. Avec le sable en moins.
Elle attrapa le crayon et resta devant sa mère à sourire.
« Il faut le tenir très fort, Georgie.
- Georges. »

Elle ne supportait pas ce surnom qu’on lui attribuait par pure pitié.
« Comme tu voudras, Geo… Ma chérie. »
La petite sourit.
« Tu ne me sembles pas bien impliquée. »
La gamine eut envie de simuler ses soi-disantes visions. Elle eut envie de prendre un stylo, lever les yeux au ciel, la bouche légèrement entrouverte avec cet air de possédé. Elle ne voulait pas mentir à sa mère, même si cette initiation lui semblait surréaliste.
« Je vais m’appliquer à … Appeler les … Identités alo…
- Entités. »

Elle soupira. Charlie, excédée devant le manque de motivation de sa fille, se leva et attrapa le stylo.

La scène traumatisa Georges. Elle était là, le stylo à la main, les yeux vides de toute expression, seulement le crayon glissait et dansait sur la feuille, écrivant des choses incompréhensibles autant dans le sens que dans la graphie. Un moment, la gamine espérait que sa mère le faisait exprès. Son manque de réponse face à ses questions lui fit comprendre que Charlie était véritablement sous l’emprise d’une sorte de chose. Elle ne croit pas au paranormal. Elle n’y a jamais cru. Georges Flamel n’allait pas croire à des histoires de fantômes parce que sa mère était médium. Dans sa tête, le divin existait, le diabolique non. Dans son esprit d’enfant de sept ans, tout était clair comme de l’eau de roche.


« I'm not like them
But I can pretend
The sun is gone
But I have a light
The day is done
But I'm having fun
I think I'm dumb
Or maybe just happy. »

SCENE 3
- Quand elle avait onze ans, elle passait au sixième grade à la « Middle School ». Elle n’avait jamais été aimée à l’école, que ce soit au « Pre-School », « Grade School » ou encore au « Kindergarten ». Elle ne comprenait pas vraiment pourquoi, elle savait bien que quelque chose clochait avec elle, avec le métier de sa mère qui déteignait sur sa personnalité, l’absentéisme fréquent de son père, ses relations bancales avec son frère. Elle était trop dans son monde, imperméable aux autres. Inconsciemment, elle n’aimait pas le principe de l’amitié. Elle trouvait cette relation sadomasochiste. Pourquoi aimer un être humain qui n’est pas nous ? Pourquoi devoir s’attendre à des réactions positives ? Pourquoi les relations sociales, en fait ?
« Ma mère m’a parlé de toi » soufflait James
« Personne ne connait ta maman.
- Tu veux être mon amie ? Je suis seul aussi.
- Bah non, pourquoi ? »

En général, ce genre de discours blessait autrui. A la Middle School, on lui apprenait à compter avec les nombres négatifs et les moqueries des autres ne l’atteignaient même plus. Certains s’acharnaient à l’appeler Georgie, puis elle abandonnait. Après tout, les autres faisaient comme ils voulaient, si elle leur inspirait de la pitié, tant pis, elle n’y pouvait rien.

« Ta mère c’est qu’une folle mon papa qu’il a dit.
- Ta phrase est incorrecte je crois.
- Je m’en balle les couilles.
- Ah non c’est super douloureux, puis c’est crade. »

Elle restait calme, les poings serrés et les bras le long de son corps minuscule.
« En plus t’es une naine.
- C’est faux !
- T’as pas d’arguments, Georgie.
- Je m’appelle Georges.
- C’est à chier comme prénom. »

Elle s’étonnait de cette violence dans ses mots. Pourquoi jurer autant ? En plus c’était mal. L’Eglise le disait, jurer c’était pour les gens de la basse société après tout. Elle était de la basse société aussi, mais peu importait : Elle ne jurait pas, elle.
« Et si tu me lâcha… »
La claque de l’autre vola. Elle atterrit au sol, plus apeurée que souffrante. L’autre l’avait giflé. L’autre avait pénétré durant deux secondes dans sa bulle d’intimité, sa précieuse bulle qu’elle avait chéri toute sa vie. Elle tremblait, folle de rage. Elle ne devait pas craquer. Georges refusait de s’abaisser au niveau de l’autre. Elle se releva et se planta devant lui.
Contre toute attente, elle lui cracha à la figure.
Elle lui exposait sa haine, sans prologue ni épilogue. Elle n’avait pas envie de se salir les mains à le claquer au sol ou à le faire saigner. Haïr était trop fatiguant physiquement. Elle eut un petit sourire quand son bourreau affichait une mine déconfite. Il ouvrit la bouche pour insulter la gamine mais il préféra lui écraser son poing sur la face, lui exploser le nez.
De loin, il préférait le sang à la diplomatie. C’était un primate.

« Georges, mais qu’est – ce qui s’est passé ?! »

Charlie se jeta sur sa fille qui rentrait de l’école, un large sourire aux lèvres et son sac à dos sur les épaules.
« J’ai craché sur un mec.
- Mais pourquoi tu as fais ça ma chérie ? Il t’a fait mal ? Oh oui il t’a fait mal, je suis bête ! Attend on va désinfecter tout ça. Ton nez n’est pas cassé ? Attend fait voir … Ca a l’air d’aller. Je refuse que tu ailles à l’école demain, et je prendrais rendez vous à la directrice. Marre de ses voyous qui frappent les plus faibl…
- Je suis faible ? »

La question désarma la médium. Sa fille s’était toujours affichée comme une battante. C’était un roc, un rocher sans cœur qui ne battait pour rien ni personne. Parfois, elle se disait que le fait qu’elle ait accouché en hiver lui avait procuré un cœur de glace. Elle préférait écraser cette proposition. Garett la prendrait pour une folle. Encore.
« Mais non ma chérie. T’es la plus forte !
- Alors pourquoi il m’a frappé ?
- C’est … Un Sarrazin.
- C’est raciste ce que tu dis, Dieu il serait pas co…
- Dieu n’aime pas ses Sarrazins aussi. »

On lui apprenait le racisme et la xénophobie.

Le lendemain, elle détestait désormais ces gens là. Elle s’en attristait, mais Charlie devait avoir raison. Charlie avait toujours raison après tout. Elle était restée à la maison, de la glace sur son petit nez fragilisée, ses mains ankylosées et les jambes immobilisées. Son agresseur n’avait pas fait dans le détail.
A son retour, elle était vue comme le lama, la cracheuse de venin. Parfois, on l’appelait le serpent, mais au fond ça lui faisait plaisir. Elle savait qu’au fond, les serpents étaient plus forts que les babouins. Pour noyer ses peines, son professeur lui conseilla de lire 20.000 lieues sous les mers, de manière ironique. Elle prit ses phrases mot pour mot.


« A swish of air and my boots hit deck
No cash, no fuel, no not a speck
Our grape shots made this bird a wreck
And a glance below deck shows a crew of nuns and orphans. »

SCENE 4
- Elle changea radicalement. Elle avait deux ans de plus, était entrée au huitième grade de sa Middle School simpliste. Elle n’était qu’une tâche fluorescente au milieu de la médiocrité. Elle était jeune mas sa famille se fichait de sa manière de s’habiller. La minuscule avait rapidement opté pour les bottes, les chaussettes montantes à rayures. 20.000 lieues sous les mers l’avait illuminé. Elle sautillait désormais, scandant à tue tête des citations de son roman fétiche. Il n’était pas rare de la voir réciter pour se justifier des « Monsieur le professeur, je ne suis pas ce que vous appelez une femme civilisée ! J'ai rompu avec la société tout entière pour des raisons que moi seul j'ai le droit d'apprécier. Je n'obéis donc point à ses règles, et je vous engage à ne jamais les invoquer devant moi ! ». En lisant cet ouvrage précurseur de la culture steampunk, elle avait adopté la mentalité, le style des engrenages et des dirigeables. D’abord, le cuivre et la dentelle blanche ornait ses vêtements, puis bientôt elle se mit au corset à partir de son neuvième grade. Les moqueries s’amplifièrent, mais à la force, Georges les analysaient comme de la jalousie. Tout le monde aurait souhaité être spécial, avoir ce petit truc qui te fait sentir différent. Les gens de sa Middle School miteuse n’avait pas de personnalité. Elle continuait à se dire qu’avoir une mère normale et un père présent la rendra plus heureuse, mais au fond, elle s’en réjouissait. Elle avait sa vision des choses, puis elle préférait tirer de la force de ses malheurs. Elle était optimiste, penseuse. Elle avait grandi, évolué, mais extérieurement elle restait la Georges stupide et naïve. Après tout, elle avait toujours ce visage de poupée et ces airs candides.
Sur les principaux points, elle était restée égale à elle-même. Dans le fond, quelque chose s’était brisé en elle, peut – être son envie de plaire.

« Pourquoi on se déteste Soan ?
- Je me suis souvent posé la question. Au début je pensais que c’était une sorte de jalousie. »

Elle pencha la tête sur le côté et croisa les jambes pour poser ses mains sur ses genoux.
« Tu étais la dernière. Quand papa et maman ont déménagés, j’étais né, j’ai tout vécu. Les choses chiantes, les relations avec papy et mam…
- On a un papy et une mamie ?!
- … Papa et maman ne sont pas faits tout seul.
- Vraiment ?
- Tu le fais exprès ? »

Surprise, Georges plissa les yeux et leva un sourcil. Cet air lui donnait une drôle de tête, mais la révélation logique l’avait bouleversé. Il n’y avait donc pas que Charlie, Garett et Soan dans sa famille. Fort bien.
« Bon … Toi tu étais née, maman avait gueulé une phrase prophétique. T’étais vue comme l’enfant bénie. Tu as tout fait bien, de bonnes notes, une gueule d’ange. Moi j’étais vu comme le coup d’essai.
- Mais tu n’es pas un coup d’essai Soan.
- Tu penses ça ?
- J’en suis persuadée. »

Ils se sourirent. A partir de ce jour, le frère et la sœur furent plus fusionnels que jamais. Ils ne se quittèrent plus, Charlie en parut étonnée mais rassurée. Garett prolongeait ses déplacements professionnels. La medium s’en fichait bien, les esprits ne lui avaient rien annoncés et les Flamel était sous protection divine. L’au-delà et Dieu étaient avec eux. Dieu bénisse les Flamel !

Charlie réfléchissait. Elle se pencha et brossa ses longs cheveux blonds platine. Ses yeux verts, maquillés délicatement de violet, lui donnait un air mystique. Elle les encadra avec ses lunettes fantaisies, recouvra ses poignets de bracelets de perle que ses enfants lui avait offert à chaque fête de mère, pour rivaliser avec l’indémodable collier de nouilles. Dans le salon, Georges était assise en tailleur dans le fauteuil, les yeux cerclés de noir et de rouge, les lèvres vermeilles.
« Tu as grandi, ma chérie.
- Il fallait s’y attendre. »

La gamine était morte d’inquiétude. Quand sa mère lui avait dit qu’elles allaient avoir une discussion très importante, elle ne savait plus à quoi s’attendre. Charlie allait peut – être les vendre, elle et Soan, pour pouvoir s’acheter un cabinet de medium en ville. Elle préférait balayer les suppositions douteuses de son esprit. Ces scénarios avaient une probabilité de 0.11111… de se produire.
« Je veux que tu deviennes médium.
- Maman … Je …
- Tu as le don. Tu as le « truc » Georges.
- Mais quel truc ? J’ai plein de trucs. Regarde, sur ma main j’ai cinq trucs aussi, puis sur mon visage j’ai deux trucs, sur mon crâne j’ose même pas compter combien de trucs j’ai.
- Mais tu as le truc des mediums. C’est ton regard je crois.
- Soan doit avoir le même. Je ne peux pas voir mes yeux, puisqu’ils sont sur ma tête.
- Soan est un homme.
- Raciste.
- Où est le rapport ? Dieu a dit que les mediums doivent être des femmes. Le côté maternel. »

Les lèvres de Georges se tordirent sur le côté. Elle savait que Charlie avait pour projet de monter une sorte d’entreprise familiale. Elle s’imaginait déjà, avec sa fille dans des cabinets sous la compagnie « Flamel’s destiny ». Pour Georges, son projet était rationnel. Pour Georges, tout était rationnel après tout. Elle croyait à ses idées, mais pas à l’envie des concernées. Pour sa part, le don de sa mère la terrifiait.
« Il ne suffit pas d’avoir le truc Georges. Les hommes et les femmes gobent tout ce qui peut les aider. Dis leur ce qu’ils ont envie d’entendre. Joue. Joue surtout. Hurle, tremble, écris de travers. J’ai un don, peut – être pas toi. Le tout est de penser que tu l’as et de faire penser aux autres que tu l’as.
- C’est mentir ça maman.
- Non c’est survivre.
- Dieu n’aime pas qu’on mente. Qui aime la magie ? Satan. Qui aime le mensonge et la séduction ? Satan. Vraiment maman, c’est trop malhonnête pour moi.
- Ecoute Georges. »

Elle prit une feuille et écrivit « Paradise » dessus.
« Tu auras une place au paradis pour avoir aider ta pauvre mère. »
Charlie avait décidément une drôle interprétation du divin.
« J’y réfléchirais maman. »


« Chances thrown, nothing's free
Longing for,used to be
Still it's hard, hard to see
Fragile lives, shattered dreams »
SCENE 5
- Georges travaillait. Pour subvenir aux besoins de sa famille, elle nettoyait des voitures l’été pour ses voisins avec Soan. Garett avait beau être constamment absent, il ne rapportait plus autant d’argent qu’avec. L’or qu’il offrait à sa femme se transformait en argent, puis en acier, puis en bijoux de bois. Georges tentait de rapporter ça sur l’évolution progressive de l’amour. Soan lui avait dit que l’amour était un cycle, tout tournait et un jour Garett allait retourner à la recherche d’or pour les yeux de sa dulcinée.
Quant à elle, Georges continuait ses études. Sa mère voulait qu’elle arrête tout, qu’elle aille au Imagine Spirit Institut, en Arizona. Elle la voyait ensuite certifiée par l’institut Windbridge. Continuer dans son parcours général était un gâchis selon Charlie. Georges, elle, ne se voyait pas autre part. Être dans une école avec des illuminés ? Non merci.

Elle prit des cours particuliers dans les matières où elle avait du mal. Elle doublait son travail au noir, tentant de gagner le plus d’argent possible pour être indépendante dans le coût de ses cours. Elle s’épuisait à la tâche. Le matin, elle n’arrivait plus à se lever. Le soir, elle révisait. La journée, elle était en cours ou elle travaillait. Charlie s’inquiétait de voir sa fille soudainement si travailleuse. Soan l’aidait, lui proposait de lui donner un peu d’aide financière, elle rejetait toute aide. Elle fit des carences, elle mangeait moins. L’angoisse le torturait le ventre.
Elle arriva à la high school haut la main. Sa mère souriait. Son père n’était pas là. Soan souriait. Garett était absent. Elle souriait sans son père.

Puis vint la valse des soucis.





« Personal responsibility
Personal response insanity »

Scène 1
« Allez dépêche Soan ! Punaise que t’es lent ! »
Coiffée d’un chapeau haut de forme avec des lunettes cuivrées rondes attachées dessus, Georges et son frère galopaient dans la maison. Soan avait opté pour ses habituelles lunettes rondes, moins excentrique que sa frangine. Ils s’étaient mis en tête de faire une chasse aux fantômes dans la maison. Charlie disait que sa science attirait les esprits, ses enfants voulaient bien voir ça.
« Tu penses qu’on a combien d’étages hantés dans la maison ?
- Au moins un. Impossible que maman n’en ait rameuté aucun ! »

Ils ne savaient pas vraiment comment on chassait les fantômes. Ils avaient empruntés les pendules de leur mère et se promenait avec des horloges devant eux, espérant attirer quelque chose. Ils avaient l’air ridicule mais ils s’en fichaient bien. Les sens à l’affût, ils marchaient lentement, retenant soigneusement leur respiration. La fratrie ressentait une sorte d’excitation et de peur, une adrénaline malsaine.
Un bruit sous le lit de la chambre parentale se fit entendre. Georges sursauta et sautilla vers la source. Elle se glissa sous le lit et alluma sa lampe de torche.
« Allez te cache pas, petit fantôme, on t’a vu ! Soan prépare toi à l’attraper ! Soan ? Soan tu l’as ? Soan réponds ! So…
- Non j’ai que dalle.
- C’est mal de parler comme ça. Attend y a une valise sous le lit de papa et mam…
- Touche pas ! A tous les coups y a des trucs malsains dedans et on risquerait de le regretter. Genre de regarder papa et maman bizarrement et …
- C’est des lettres, débile. »

Elle roula hors du lit, la caissette contre sa poitrine et elle rit en agitant les jambes.
« Tu devrais essayer de te rouler par terre en allant sous le lit, c’est génial comme impression ! Vraiment cool je te promets !
- File la caisse. »

Georges se releva et retira la poussière qui avait souillée ses vêtements après avoir posé la caissette sur le lit.
« C’est peut – être un trésor ! T’imagines ! Papa et maman aurait dormi sur un trésor et n’aurait jamais remarqué ça ! C’est dingue ! Ca serait dingue ! Dingue dingue di… »
Soan la fusilla du regard et elle baissa la tête en ramenant ses jambes l’une contre l’autre comme un soldat au garde à vous.
« C’est des lettres.
- C’est peut – être des cartes du Capitaine Nemo ! Je suis sûre qu’il a exist…
- Ton Nemo il appelle papa « mon tendre » ? « Mon chéri » ? Il vante ses compétences au pieu peut – être ? »

Le visage de Georges passa de l’euphorie à la stupéfaction. Elle venait d’avoir un éclair de lucidité et ses muscles se crispèrent sous la surprise. Les absences répétées de Garett étaient désormais justifiées. Etait – elle blonde ? Brune ? Rousse ? Aux formes généreuses ou à l’intelligence rayonnante ? La petite tremblait et voulut se rouler en boule pour pleurer.
« Soan … Soan qu’est – ce qu’on va faire ? » dit – elle d’une voix effrayante de sérieux.
Toute candeur avait disparu dans les gestes de Georges. Elle avait désormais les seize ans mentalement qu’elle se devait d’avoir.
« On va pas le dire à maman. T’imagines sinon ? Elle s’en remettrait pas. Papa c’est toute sa vie.
- Toute sa vie c’est les entités et son travail.
- Quel conna… »

Georges se jeta sur ses lèvres pour y plaquer sa main.
« Chut … C’est pas bien de jurer. C’est un imbécile, un goujat, un vilain, un pervers. »

Les jours qui suivirent furent amers. Soan et Georges peinaient à regarder leur père face à face sans dégoût et mépris. Ils grimacèrent quand Charlie l’embrassait, imaginant les lèvres de son père sur celles d’autres femmes. Ils bouillaient d’envie de monter sur la table et regarder leur infidèle de père : « Ecoute pauvre con, t’as trompé maman et c’est quand que tu lui dis ? Tu comptes t’excuser et porter ce que t’as dans le pantalon, bouffon ? ». Longtemps, Georges rêvait de cette scène la nuit. Elle s’étonnait de rêver de jurer, c’était mal et c’était vu comme un péché. Elle purifiait ses rêves en pensant au Jardin d’Eden et aux fruits défendus qui la guettaient pendant qu’elle traversait ce paradis en sautillant, insensible à la tentation. Son père était devenu un diable pour elle.
« Soan. »
Il entra dans sa chambre. Elle était assise en tailleur sur son lit, le regard cerclé de noir, le visage fermé et ses yeux reflétaient un incroyable sérieux.
« Soan. Faut qu’on fasse un truc. Je te jure je peux pas avoir ça sur la conscience. J’ai mal quand j’y repense, quand je l’imagine en train de pécher avec d’autres femm… Oh doux Jésus non il ne faut pas penser à … J’ai une image dans la tête, c’est dégoûtant, Soan aide moi je …
- Georges. La religion c’est des conneries.
- Maman m’a dit que Dieu nous protégeait, regarde ce qu’il a fait ! »

Elle en restait traumatisée.

Scène 2
Sac sur le dos, Georges restait les yeux rivés sur le ciel, sifflotant des airs de musique victorienne qu’elle appréciait tant. Ses bottes claquaient sur le pavé gris de la rue et son corset rouge brillait au soleil. L’été s’annonçait magnifique, et la gamine imaginait déjà ce qu’elle pourrait faire. Embêter Soan, jeter du sable sur sa mère fraîchement sortie de l’eau. La Nouvelle Orléans lui offrait un merveilleux panel de possibilités. Elle débarquait devant le portail de sa maison, ouvra une porte, fut surprise.
Charlie avait tout rangé. La maison n’avait jamais été propre, si on retirait les cartons qui jonchaient le sol, la demeure était … Oh wait.
« Mais maman, c’est quoi ce bazar ?
- On part. »

Son regard était dur, mais Georges le connaissait, ce regard. C’était les yeux des femmes qui ont pleuré mais qui le cache.
« Oh. Tu es au courant n’est – ce pas ?
- Ne pose pas de questions ma chérie. On part.
- Mais où ? On a nulle part où aller !
- Soan m’a dit qu’il a repéré une petite villa avec une pancarte « à vendre » dessus.
- On va pas déménager sur un coup de tête !
- L’âme de cette maison est souillée. »

Charlie s’approcha d’un mur et le caressa doucement. Elle croyait dur comme fer au karma, aux âmes des maisons, aux ondes.
« Ces murs ont vu des horreurs, des abominations Georges, des abominations !
- Mais je suis bien i…
- Et moi Georges ? Et moi ? Je suis une femme trompée par son mari ! Dieu ne m’a rien dit ! Dieu nous a abandonné car cette maison est devenue malsaine. C’est la demeure du Diable ! »

L’adolescente frissonna. Demeure du Diable. Maison de Satan. Habitation du Démon. Elle tremblait. Elle prit peur, sans le vouloir. Quitter cette baraque, et en vitesse. Désormais, Charlie avait une entière possession sur sa fille, si fanatique.
« Il faut qu’on parte Ge…
- Qu’on s’en aille. Et vite. Je refuse d’habiter sous le même toit qu’un démon ou au milieu d’ondes négatives ! »

Charlie sourit et parut attendrie.
« Tu es bien la fille de ta mère, ma chérie.
- Encore heureux. »


A l’image de leur vie, leur voiture était misérable. Les banquettes arrières se repliaient sur elles mêmes et Garett ne faisait que rouspéter, exigeant un changement de voiture urgent. L’argent ne manquait, la motivation, elle, si. Charlie n’était plus que l’ombre d’elle-même, les yeux vides et inexpressifs.
« Au lieu de gueuler t’as qu’à nous en ramener, du fric, au lieu de tout dépenser pour ta pouffe !
- Soan ! »

Charlie le fusilla du regard. Georges croisa les bras et pouffa. Elle savait qu’au fond, sa mère remerciait son fils de cette intervention. Elle devait penser ça aussi. Le père, sans argument, gifla son fils. Georges leva les yeux au ciel.
« Punaise l’ambiance, c’est la fête ici. »
Le trajet était étouffant. Ils ne faisaient que traverser la Nouvelle Orléans. C’était grand, comme ville. Une des plus grandes villes de la Louisiane, dans cette chaleur étouffante de juillet, coincés à quatre dans une voiture poussiéreuse, avec une femme trompée, un homme infidèle, un frère révolté et une fille inconsciente. Georges n’en pouvait plus. La carrosserie du véhicule semblait se refermer sur elle, elle ne souhaitait qu’une chose : ouvrir la porte et s’en aller en courant. Au lieu de ça, elle restait assise sur ce siège miteux à écouter ses parents s’entre-déchirer.
« J’en ai marre Soan.
- Courage, le feu passera bien vert un jour. »

Putain de feux de centre ville. Putain de secrétaire ou de collègue sulfureuse. Putain de mère tarée. Putain de vie oui.

« Nous sommes arrivés mes chéris ! » lança Charlie.
La maison était à peine plus grande que la précédente. Moderne et symétrique, ces caractéristiques étonnèrent Georges. Sa mère avait toujours préféré les vieilles maisons avec du vécu. Celle-ci semblait trop fonctionnelle et carrée pour la médium. Peut – être que les envies de luxe et de simplicité de Garett avaient traversé son cerveau pour atteindre celui de sa femme désespérée, tel un nuage radioactif venant tout droit de Tchernobyl.
Trop de blanc. Trop de noir. Trop de surfaces luisantes. Trop de propre.
« Sérieusement maman, c’est avec ça que tes esprits vont venir ? Ils vont vouloir se chopper un ticket VIP pour entrer dans cette baraque !
- Soan, chaque chose en son tem…
- La table c’est un miroir ! »
scanda Georges.
« Georgie. Georgie. C’est une table. Noir et luisante. Mais une table.
- J’ai peur de manger dessus.
- Roh pitié vous allez pas commencer vous deux. »

Leur nouveau départ dans cette nouvelle maison dans ce nouveau quartier de cette nouvelle partie de la Nouvelle Orléans s’annonçait grandiose …



« I'm the last splash
I know you, little libertine
I know you're a real koo koo. »

Scène 3
Sa nouvelle maison était moderne. Son nouveau lycée était plus ancien. Georges souriait. Les vieux bâtiments français ne la dérangeaient, au contraire. Elle se croyait dans un de ses films où les enfants riches allaient dans ses instituts sur-côtés.
Autour d’elle, un autre monde s’ouvrait. Son excentricité lui attirait soit des regards méprisants, soit envieux. S’assumer dans un monde où les langues de vipères étaient sans cesse déliées était de plus en plus compliqué. Elle, elle s’en fichait. Elle envoyait en Enfers ceux qui la dévisageaient, la méprisaient. Elle ne vivait pas pour eux.

« T’as une clope ?
- Une quoi ?
- Putain t’es bouchée. »

Elle dévisagea la guenon qui lui fit face. Grande, la bouche vulgairement peinte de rouge, la posture mettait en avant ses hanches. Ses talons brillaient au soleil, une doudoune à plis luisait de manière obscène. Georges apprit le dégoût.
« Je ne comprend pas votre demand… »
Elle se prit une claque. La petite porta sa main à sa joue rouge, fermant les yeux en baissant la tête. Elle releva la tête et affronta l’autre.
« Mais c’est quoi une clope ?!
- Une cigarette connasse !
- Fallait le dire avant, et non j’en ai pa… »

Georges connut pour quelques secondes la vie à 1m70 au dessus du sol. Les camarades du prédateur explosèrent de rire en voyant leur femelle alpha soulever leur proie par le sol, arrachant au passage le collier de dentelle de leur souffre douleur.
« Joue pas à la plus conne, tu vas pas gagner ma petite. T’as une gueule à fumer, et pas que du tabac d’ailleurs, avec tes cernes en dessous des yeux et ta tronche de zombie.
- J’ai une tronche de zombie ?
- Oui, et putain si j’avais ta gueule je resterais enfermée chez moi. »
Des rires s’élevaient dans l’audience. « Alors tu vas vite me dépanner sinon tu vas morfler. »
Les complices de son agresseur allèrent fouiller son sac. Tout y passa. Trousse, cahiers, porte feuille –elles prirent le temps de le fouiller et d’en tirer profit-, bracelets, colliers, vêtements de sport.
« Elle ment pas. Elle a vraiment aucune cigarette. »
Honteuse, la guenon reposa Georges et lui assena une dernière gifle.
« Et que je te revois plus, gamine ! »
Son agresseur avait des airs de Blanche Neige. Aussi pâle que la petite, des cheveux noirs. Elle avait du potentiel sur sa beauté, mais définitivement sa vulgarité et sa méchanceté avait tout gommé. Georges la regarda partir, tremblant.

L’adolescente entra en cours, de la glace sur la lèvre inférieure. Sa rencontre avec la fumeuse lui avait laissé quelques séquelles. Elle avait l’œil enflé, la lèvre saignante et surtout une certaine peur de la cigarette. Une âme de paranoïaque s’éveilla en elle, elle tremblait et regardait de partout, s’attendant à voir tous les adolescents de la classe lui bondir dessus pour la réduire à un tas de viande. Elle sortit ses cahiers, ouvrit sa trousse, croisa les bras et baissa la tête. Elle n’osait pas tenter de croiser le regard de quiconque. Elle était un fantôme, une ombre dans la classe, une poussière, une …
« Georges Flamel !
- Présent…
- JE VEUX ÊTRE A COTE DE FLAMEL. »

La gamine sursauta et leva la tête vers celui qui avait hurlé son nom à travers la classe.
« C’est que …
- Laissez moi je vous en prie ! Monsieur, je vous prierais de me laisser à côté de cette descendante de sang pur ! »

Georges rit doucement, amusée et flattée par le spectacle de cet inconnu étonnant.
« Peut – être que Georges est dérangée par …
- Non monsieur, ça ne me dérange pas. »
tenta – elle d’articuler avec sa lèvre blessée et enflée.
« Eh bien dans ce cas … Joseph, tu vas t’assoir à côté de Georges. »
Les langues de vipères se délièrent et dans la classe, un flot de rumeurs circula. Georges s’en fichait. Elle avait peut – être trouvé un ami dans ce lycée hostile.

« Et tu t’appelles comment toi ?
- Joseph-Griant Armstrong. Et vous c’est Flamel !
- Georges. Georges Flamel oui !
- Oui, Flamel !
- … Oui c’est ça. Georges surtout. »

Elle pressa un peu plus la compresse sur sa lèvre.
« Vous vous êtes faites agressée ?
- Oui, mais c’est rien, juste un singe qui fumait des … Coples. Ou clopes. Enfin je ne sais plus trop ce qu’il m’a dit.
- Il a osé touché à une Flamel ?! »
s’étrangla son ami
« Oh c’est rien je te dis. Bon je rentre chez moi et …
- Laissez moi vous accompagner, gente demoiselle !
- Tu es étrange. »
rit – elle. « Je dois me dépêcher, mon frère et ma mère m’attendent.
- Je vous en …
- Au revoir Joseph. »

Elle fit volte face et se dirigea vers chez elle, le menton haut. Elle s’était faite crachée dessus, rabaissée, traînée plus bas que terre. Elle en avait rien à battre, elle avait trouvé un ami.

Elle se jeta sur la porte et s’élança dans le salon. Sur la table basse, sa mère fumait une cigarette le long d’une tige de fer.
« Maman ! J’ai un ami ! »
Elle leva la tête de sa lecture et ré-ajusta ses lunettes à verres violets sur son nez. Elle tira légèrement sur la chaînette qui les tenait et joua quelques instants avec ses bijoux fantaisies.
« Oh, bien ma chérie. » dit – elle d’un air peu intéressé.
« C’est formidable hein ? Tu as vu que je peux avoir des amis ! » scanda sa fille en se jetant devant elle.
« Oui, Georgie. Maintenant Soan a besoin d’aide pour retrouver son chargeur de portable. Tu vas l’aider ?
- Bien sûr maman ! »

Charlie était devenue désabusée depuis la tromperie de Garett. La médium fantasque avait viré en femme occupée, l’air sévère et léger à la fois. Elle était étrange, mais l’amour de Georges pour sa mère ne s’était pas atténué.
« Soan ! Tu as besoin d’aide ?
- Ouais, viens ! »

L’adolescente appuya la plateforme avant de sa grosse bottine sur l’échelle et elle grimpa dans le grenier, là où se trouvait la chambre de son frère.


« I'm the one to disappear
She said I love you so
But love isn't everything
So "Shut ! " said I and blow. »

Scène 4
« Tu sais ce qui fait le plus mal dans un chagrin, ma Georgie chérie ? »
Georges regarda son frère. Il pleurait. Il entretenait une relation à distance avec une fille. Les hommes étaient des diables d’infidélité, les femmes pouvaient être des traîtresses en recherche de chair aussi. Il l’avait prit, par le biais de photos que l’amant de sa copine lui avait envoyé, le montrant en train d’embrasser la dulcinée de Soan. Ce dernier avait lancé son téléphone le plus fort et loin possible, il s’était enfermé dans son grenier. Charlie ne s’était pas inquiété. Aujourd’hui, il crevait l’abcès en parlant à la personne en qui il avait le plus confiance : Georges.
« Je n’ai jamais ressenti de sentiments amoureux Soan.
- Le plus dur Georgie, c’est de ne pas savoir ce que tu ressentais avant pour la personne. Et de ne plus savoir si la personne ressentait la même chose.
- Peut – être pas pour toi, mais pour ce goujat peut – être …
- Putain cimer le réconfort.
- Mais Soan ! »

Ses yeux avaient les côtés creusés et irrités, comme ceux des hommes qui ont trop pleurés.
« Tu fais pipi des yeux Soan.
- Je pleure, c’est différent.
- Tu pleures ?
- Oui Georgie. Mais ça t’es jamais arrivé ça. »

Elle prit un air étonné. C’est vrai.
« Et ça fait quoi de pleurer ?
- Si tu savais comme ça faisait du bien. »

Il sourit. Georges sourit.
« Je te propose de lancer les paris. Combien de temps elle restera avec sans le tromper ?
- Sans embrasser un autre, déjà.
- Partons doucement.
- Deux jours ? »

Ils rirent.
« Je t’aime Georgie.
- Je t’aime bien, Soan. »

Elle ne savait pas le sens du verbe aimer.

Elle n’avait jamais éprouvé de sentiments amoureux. Plus étrange encore, à défaut de n’avoir jamais été amoureuse, en seize ans, elle n’avait eu de fantasmes, éprouvé d’attirance sexuelle. Les hommes la dégoûtaient, les femmes la dégoûtaient. La seule personne qu’elle appréciait pour un tel acte, c’était elle-même. Elle riait, s’imaginant dans un futur proche où les Hommes pouvaient se cloner. Elle s’imaginait, en joyeux couple avec une Georges 2. Elle sourit, puis ce sourire s’évanouit. En attendant, elle demeurait étrangement seule dans ses sentiments. Soan se rendait malade pour une gourgandine qui ne le méritait pas, Georges, quant à elle, se réjouissait d’avoir un ami. Leurs parents se déchiraient à chaque tromperie de Garett, et Soan se mettait à pleurer de plus belle, se souvenant de l’effroyable acte de sa copine. Que Dieu bénisse les Flamel !

Certains adolescents ont diverses choses à annoncer. Certains annoncent leur homosexualité, et sur le point des sexualités, le coming out était la chose jugée la plus difficile à annoncer. En effet, dans l’esprit des gens, l’homosexualité et l’hétérosexualité étaient les deux choses les plus connues. Georges tiraient des conclusions hâtives. Elle avait fait quelques recherches, les yeux fixés jusqu’à une heure du matin sur un écran, à se demander pourquoi elle n’avait jamais eu d’excitation sexuelle, ou de sentiments amoureux envers quelqu’un. Doctissimo lui proposa la zoophilie, mais elle grimaçait. Bon sang, non. Certains sites plus sérieux lui diagnostiquait un sous développement sexuel, mais elle passa vite cette différence : On la jugeait souvent sous développée, mais elle restait persuadée qu’il y avait une différence entre faire l’imbécile et être une imbécile. Georges cultivait cette nuance avec brio.
Asexuelle semblait l’orientation sexuelle qui lui correspondait le plus. Aromantique semblait le mot qui lui correspondait le mieux sur ses sentiments.

Elle surgit dans le salon. Elle bondit sur la table basse et se planta devant sa mère. Charlie releva doucement la tête, ses lunettes rondes fixées sur son nez.
« Je parie que tu as quelque chose à me dire.
- … Oh non je voulais juste monter sur la table.
- Fort bien … »
soupira Charlie.
Parfois, la vieille femme était désespérée par les agissements de sa fille. Elle la jugeait comme une sous développée la plupart du temps, comme une pas finie. Georges se laissa tomber en tailleur sur la table basse, faisant voler une pile de factures.
« En fait j’ai un truc à t’annoncer.
- Vas y.
- Je suis asexuelle ! »

Elle bondit sur ses bottes et s’enfuit en courant. Charlie tira une latte sur sa cigarette et souffla.
« C’est bien Georgie, c’est bien. »
Son désintérêt pour sa fille était effrayant.


« Out of his mind the way pushes him whispering
Must have been out of his mind
Mid-day delusions are pushing this out of his head
Maybe out of his mind. »

Scène 5
Joseph la collait. Georges n’était pas dérangée, contente d’avoir un ami qui l’apprécie au point de la suivre jusqu’à chez elle. Elle était terriblement naïve. Bien trop naïve.
« Et tu fais quoi dans la vie toi ?
- Je pratique d’un instrument.
- Vraiment ? »
souffla – t – elle, émerveillée.
« Je joue du violoncelle.
- C’est trop génial ! Trop bien ! Méga génial ! Apparemment le violoncelle est l’instrument qui se rapproche le plus aux timbres humains tu le sais ? Enfin j’avais lu ça quelque part. Dans un bouquin de Nothomb. Mais j’y crois. C’est cool Joseph ! Trop bien je te jure ! Tu m’en joueras ? Bah oui évidemment, puisqu’on est amis ! »

Elle sautillait comme une enfant. Elle se planta devant lui, un large sourire aux lèvres.
« Et tu as d’autres passions Joseph ?
- La Pierre Philosophale… Nicolas Flamel …
- Oh ! C’est drôle ça ! Je m’appelle Georges Flamel moi ! C’est marrant hein ? C’est drôle que le destin ait fait qu’on se rencontre ! A tous les coups je suis une de ses descendantes eheh, ça serait rigolo ! »

Qu’est – ce qu’elle n’avait pas dit … Pauvre naïve qu’elle était. Sa manie et son excitation disparurent soudainement pour laisser place à un sourire inquiet. Et si Joseph ne lui parlait que pour ça ? Elle se mordit la lèvre inférieure, pitié, non. Elle lui jeta un regard plein de questions et soupira.
« C’est étonnant … Oui … Bon je dois y aller Joseph, à dem… Non laisse moi rentrer seule, Joseph lâche moi ! Joseph t’es méchant laisse moi rentrer chez moi seul… Ah bah enfin. Allez salut. »
Il devenait effrayant.

Elle songeait à s’enfermer.
Joseph était son ami, mais il fallait avouer qu’il était très étrange. Elle n’osait pas l’avouer, mais elle avait peur. Son ami la suivait, parfois elle se levait la nuit et il était le portail de sa maison à observer sa fenêtre. Elle se sentait épiée où qu’elle aille, et elle pensait à se cacher. Ce surplus d’attention était inhabituel et elle se demandait d’où cette soudaine obsession pour sa personne venait.
Flamel.
Elle se nommait Flamel. Son sourire disparut et ses yeux fixaient le vide. Elle priait silencieusement, les mains jointes sur le sol de sa chambre, pour que Joseph pour sa personne et pas pour sa stupide recherche de la Pierre Philosophale.
« Je t’en prie … »
Elle était désespérée. Pour la première fois qu’elle avait quelqu’un qu’elle pouvait apparenter à un ami, il se pouvait qu’il ne soit pas sincère.
Elle leva la tête soudainement. Non. Pourquoi il la supporterait sinon ? Une simple obsession ? Foutaise. Il devait ne serait – ce qu’un peu d’affection pour elle. Son sourire apparut de nouveau sur son visage. Il ne pouvait que l’apprécier. Elle était appréciée. C’était l’essentiel.


ACTE II
-
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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 29 Mai - 12:50



dream theater
Forumactif ayant jugé utile de mettre une limitation de caractères ou bien le système de "eheh si tu écris trop ça bug et ça met que c'est la maintenant trololol", je continue l'histoire sur ce post là, enjoy !





« Out of his mind the way pushes him whispering
Must have been out of his mind
Mid-day delusions are pushing this out of his head
Maybe out of his mind. »

Scène 1

Elle devait en parler à Soan. Un type la suivait, elle ne savait pas vraiment pourquoi. Elle soupira, si seulement elle était entourée de véritables amis. Si seulement elle était entourée de gens sains. Elle souffla longuement et se laissa tomber dans son lit comme une étoile de mer. L’angoisse l’alourdissait, rapidement elle sentit son matelas prendre les marques de ses contours. Elle souriait à ce ressenti.
« Tu soupires souvent Georgie.
- J’en ai marre Soan. »

Elle prit son coussin, le mit à un mètre de sa tête et le laissa retomber lourdement sur son visage.
« Maman ? Oui elle est devenue super chi…
- Chut Soan. C’est pas pire de dire ça. Non, je pensais à … A Joseph.
- C’est étonnant. »
dit – il en levant les yeux au ciel.
« Il me suit. Il reste devant le portail. Il me fait peur. On dirait un petit chien. En plus il a toujours pas compris que je m’appelle Georges et pas Flamel je crois.
- Il veut te violer ? »

Georges ouvrit grand les yeux.
« Bien sûr que non ! Il ne ferait pas ça, il n’est pas méchant. Il est juste effrayant quand il s’y met. »
Soan hocha la tête. Mauvais signe.

Dans la tête de Soan, Joseph était un pervers. Les pervers qui en avaient après sa sœur, il y en avait pas mal. Dès qu’un homme en manque voyait un morceau de chair, il était comme un requin face à du sang. Le grand frère ne pouvait laisser sa sœur en proie à cet adolescent trop étrange et intrusif.
Il lui avait posé un piège, prétextant un après midi tranquille avec « Flamel ». Il ne savait pas vraiment quelle tête il avait puisque les seules fois où il le voyait, ce dernier était dans l’obscurité nocturne. Il prit son sac sur son épaule et s’en alla venger sa sœur.

« Joseph ?
- Joseph-Griant Armstrong, oui c’est moi jeune damoiseau. C’est pour ?
- Ma main dans ta gueule, connard ! »

Contre toute attente, l’adolescent d’en face tomba au sol. Soan blêmit et approcha son oreille de sa poitrine. Contre toute attente, Joseph venait de s’endormir devant lui. Un sourire malsain s’étira sur les lèvres du frère de Georges et il se redressa. Il leva son pied et écrasa violemment sa chaussure sur le nez du jeune homme. Il crut sentir quelque chose se briser sous sa semelle et il sourit. Ce plaisir pervers ne le dérangeait pas, il se plaisait à faire souffrir ce type qui était décidément trop étrange pour sa petite sœur. Il continua jusqu’à qu’il jugeait que Joseph avait suffisamment reçu pour ne plus jamais s’approcher de Georges.
Fier de lui, il essuya ses chaussures avec un mouchoir qu’il jeta dans une poubelle. Autour de lui, le pavé avait été recouvert d’une fine pellicule de pluie. Les reflets grisâtres paraissaient verts avec les éclairages et l’association de cette couleur avec le rouge faisait un résultat formidable pour Soan. Perversement, il était soulagé. Il pouvait poser un visage défiguré sur le prénom Joseph, une sensation. Il attrapa son sac à dos et le reprit sur son épaule. Il annonça un bref salut au corps encore endormi de sa victime et s’en alla.

« J’ai vu Joseph tout à l’heure.
- Il allait comment ?
- Je l’ai tabassé. »

Georges lâcha sa tasse de thé. Le bruit de fracas au sol fut insupportable. Elle serra les poings et ses yeux jetèrent des poignards à son frère.
« Soan !
- Il me fait peur ce type ! Il ne m’inspire aucune confiance !
- C’est mon ami t’as pas le droit ! »

Elle serra les dents. Tout son corps était en position de crise de nerfs. Elle se mordit la lèvre inférieure, gonfla son torse. Sur ses un mètre cinquante sept, elle n’était guère impressionnante. La seule chose de déstabilisant restait son regard cerclé de rouge et de noir. Soan grimaça face à la Georges qu’il avait en face de lui. Elle était devenue hargneuse.
« Arrête avec ce regard. Je parie que j’ai encore la place du méchant de l’histoire.
- Tu as frappé mon ami. Bien sûr. »

Elle le foudroya une dernière fois du regard et le poussa de son chemin, lui qui faisait bien dix centimètres de plus qu’elle. Elle avait beau être minuscule, il ne fallait pas tenter de la blesser ou l’énerver, au risque de se recevoir une Georges dix fois plus hargneuse qu’elle prétend l’être.


« This one world vision
Turns us into compromise
What good's religion
When it's each other we despise. »

Scène 2
Au lycée, on lui demandait ce qu’elle voulait faire plus tard. Elle commençait à se poser des questions. Jamais de sa vie elle n’avait envisagé faire un métier. Quand on lui demandait ce qu’elle voulait être plus tard, elle répétait bêtement qu’elle voulait être heureuse, ou alors femme à barbe. Personne ne la prenait au sérieux. Elle s’imaginait ridicule, à faire rire autrui avec sa laideur ou sa bêtise, son fameux sous développement que tout le monde lui inventait. Elle s’agaçait devant  ces questions à répétition et rougissait, gênée.
« Je n’ai pas toute ma journée, mademoiselle Flamel. » soupirait le conseiller d’orientation.
Elle, elle avait toute sa vie pour y réfléchir, elle faisait perdre le temps à un stupide conseiller d’orientation mais ils choisissaient son avenir. Une journée contre soixante ans, le troc était équitable pour ce maudit. Elle haussa les épaules et leva les yeux au ciel. Elle jouait la distraite. Il fallait jouer la stupide pour que ce crétin la laisse en paix.
« Je sais paaaaas … Je sais pas du touuuut … »
Elle tournait sur son tabouret, se tenant les genoux d’un air débile. Elle rit, imitant le plus la sous développée qu’elle était sensée être.
« Pilote de Formule 1 ça me plait bien.
- C’est un métier d’homme.
- J’ai un prénom d’homme. »

Elle s’appuya avec ses coudes sur le bureau de son bourreau, un petit sourire au coin des lèvres. L’autre soupira, exténué par cette gamine insolente et indécise. Jamais de sa carrière il n’avait vu l’heure passer aussi lentement.
« Cet entretien n’est une partie de plaisir ni pour vous, ni pour moi mademoiselle Flamel.
- Pourquoi ne pas vous reconvertir détective ? Votre perspicacité me laisse sans voix.
- Ne vous fichez pas de moi, je suis l’adulte vous me devez le respect ! Maintenant vous allez me donner un nom de métier, au hasard, pour que je puisse vous orienter, même si je sais pertinemment que vous ne suivrez pas les conseils que je vous donnerais. Vous n’écoutez jamais rien, c’est ça votre soucis. Vous semblez obsédée par vous-même, perdue, désabusée. Vous n’avez jamais eu la question de votre métier car vous n’avez jamais eu le choix.
- Détective ou psychologue.
- Dîtes moi un nom de métier, je vous ordonne d’arrêter de vous foutre de ma gueule. »

Elle se pencha et s’approcha de lui. Elle tendit sa bouche et souffla sur le ton de la confidence.
« Escort girl.
- Sortez immédiatement, mademoiselle Flamel ! Je vous en foutrerais des escorts girls ! »

Elle rit et s’en alla. Elle aimait se moquer des gens qu’elle méprisait.

Qu’allait – elle faire plus tard ? Une fois au calme dans sa chambre, seule, elle y pensa. Elle s’imaginait dans des métiers ridicules par soucis d’estime d’elle-même. Elle n’avait pas d’estime en elle. Elle se voyait bien tirer profit de ce ressenti, mais comment ? Le projet de femme à barbe était utopiste, et elle éprouvait un profond mépris envers les clowns. Quelle stupidité.
« Soan, tu me vois quoi plus tard ?
- Petite et enceinte de cinq gosses.
- Sérieusement, en métier je veux dire. Je peux pas avoir de gosses je suis …
- T’es pas asexuelle c’est des conneries. C’est comme les gens qui se disent bi mais qui sont jamais tombés amoureux d’une personne du même sexe, c’est méga méprisant pour les vrais bisexuels.
- On s’en moque de ça sinon. Tu me vois travailler dans quoi ?
- Bah, je te vois médium. C’est logique. »

Médium. Bien sûr. Charlie avait toujours voulu que sa fille suive son choix de carrière, par pure fierté. Avec véhémence, Georges avait repoussé ses avances, se jugeant prête à faire un choix parti de son libre arbitre. Plus les années passaient, plus elle se disait que sa mère avait raison. Elle ne se voyait pas travailler autre part qu’être médium. Elle n’avait pas de don particulier, seulement un talent pour jouer des visages et des rôles. Elle pouvait aisément faire la possédée, l’illuminée et la voyante. Elle s’imaginait, avec les lunettes à verres violets de sa mère sur le nez, en train de mimer une communication enflammée avec un ancêtre de son client. C’était de l’arnaque pure et simple et elle en était consciente. Même Dieu l’avait arnaqué sur sa vie, alors pourquoi elle ne ferait pas de même ? Un large sourire se peignait peu à peu sur son visage. Plus tard, elle serait médium. Elle serait pétée de fric et deviendrait peut – être connue grâce à sa science un peu étrange. Peu à peu, au fil des jours, Georges cultivait cette évidence.
C’était avec joie qu’elle affrontait les conseillers d’orientation. Haut et fort, elle clamait son futur métier.
« Plus tard, je serais médium comme ma mère parce que j’ai le truc. »
Quitte à mentir à ses clients, autant commencer à mentir au personnel éducatif.

« Notre première cliente traitée ensemble viendra demain à 15h, tu louperas ta journée de cours ma Georgie.
- D’accord maman. »

Elle se força à sourire. Au fond, elle préférait aller en cours.

Scène 3

Elle pouvait à nouveau retourner en cours. Ses absences à répétition avaient alerté l’établissement, Charlie s’était décidé à lâcher sa fille, à son plus grand bonheur. Elle retrouvait la façade ancienne du riche institut avec un bonheur intense, souriant d’un air béat. Cependant, ce qui lui manquait n’était pas ces bureaux et ces cours qui éveillaient sa curiosité. C’était bien son ami et sa vie sociale.

« Joseph ! »
Elle sursauta en le voyant au loin et courut vers lui.
« Tu m’as manqué t’imagines même pas à … Wow, qu’est – ce qui s’est passé ? T’es devenu asymétrique du visage c’est bizarre, cette lèvre là est plus enflée. J’avais cette drôle de tête aussi quand la guenon m’a attaqué. Qu’est – ce qui s’est passé Joseph ?
- Un vandale m’a agressé.
- Un méchant ? Vraiment ?
- Je ne l’ai pas aperçu, sa voix grinçait au fond de mon oreille. Je me suis réveillé j’étais défiguré ainsi.
- Tu t’es … Endormi ?
- Je suis narcoleptique.
- Oh … C’est triste. »

Georges fixait un moment le visage amoché de son ami, se mordant nerveusement la lèvre inférieure. Elle se souvint de sa discussion avec Soan et une lumière s’alluma dans sa tête.
« … L’enfoir… ! Oh mince, je ne dois pas dire ça … Je … Le … Vilain ! Le vicieux ! Le pervers ! Diable qu’il est ! Aaah !
- Une chose vous tourmente, Flamel ?
- Je m’appelle Georges ! Mon possessif de frè… Punaise j’y crois pas. Ah oui il t’a pas loupé le … Argh j’y crois pas je te jure. Oh Joseph, je t’en supplie pardonne le, il a eu peur. Il te prend pour un pervers. »

Elle s’en voulait d’une certaine manière. Pourquoi cette crainte vis-à-vis de son ami ? Joseph était envahissant, certes, mais il ne méritait pas d’être amoché de la sorte. Les blessures étaient superficielles et la moitié était déjà cicatrisée. Cependant, elle se doutait que son ami avait du souffrir lors de l’agression. Elle se frappa la paume contre son front et tapa du pied par terre, nerveuse. Pourquoi Soan était – si craintif lorsqu’un individu de la gente masculine s’approchait trop près de sa sœur ? Avait – il peur des élans des autres ? Il enrageait.
« Tu veux que je te soigne ? Je me promène avec du désinfectant. »
Elle se faisait souvent frappée dans la rue et à la force, elle ne ressentait plus la douleur physique face à ses multiples agressions. Que Dieu bénisse les Flamel !

Elle entra chez elle. Elle ne prit pas la peine de retirer ses bottes enduites de boue. Elle n’entendit pas les cris de Charlie qui venait de passer la serpillère. Enragée, elle avait le regard focalisée sur ses mots violents. Elle posa fermement son pied sur le premier échelon de l’échelle qui menait au grenier. Elle grimpa rapidement.
« Soan ! Petit … Alpiniste de plaines ! »
C’était certainement sa meilleure insulte.
« Georgie ! Je suis occupé l…
- Tu arrêtes deux secondes ton film de pervers et tu m’écoutes ! »

Elle tira un pouf et s’assit en tailleur dessus, s’appliquant à répandre de la boue sur le sol propre de son frère.
« Tu fais chier j’ai lavé y a même pas deux heures !
- Pourquoi tu l’as frappé ? T’as vu la tête qu’il …
- Mais tu veux qu’il te viole ou quoi ?
- Il est gentil ! C’est mon ami ! La seule chose qu’il violerait c’est Nicolas Flamel et sa Pierre Philosophale ! Je suis persuadée qu’il est asexuel lui au…
- T’es pas asexuelle Georges. T’as jamais été amoureuse et ma rupture t’as mises des idées en tête. T’as juste un cœur de pierre.
- Parce que je suis asexuelle !
- T’es comme les gamines qui se disent bisexuelles pour suivre la mode.
- C’est faux, la mode n’est pas aux asexuelles. »

Il soupira et regarda sa sœur comme on regardait un fou. Il en avait parfois honte, parfois elle l’intriguait. Elle était trop spéciale pour ne pas être regardée comme une retardée.
« Il n’est pas asexuel non plus. C’est un homme.
- Je ne vois pas le rapport, Soan.
- Tu le comprendras, t’es encore qu’une gamine ma Georgie.
- Il est défiguré désormais !
- Encore heureux !
- Mais t’es super méchant comme garçon ! »

Elle frappa son pied par terre, salissant une ultime fois le plancher de son frère. Georges lui adressa un dernier sourire empli de mépris, fit volte face et descendit rapidement par l’échelle. Elle le haïssait, lui et ses préjugés. Elle avait toujours été là pour lui sans le juger. Elle avait un ami pour la première fois de sa vie, Soan trouvait quelque chose à dire. Peut – être qu’il était jaloux. Un sourire carnassier s’afficha sur le visage de la petite. Il était possessif, il voulait sa sœur pour lui tout seul. Elle en était persuadée. Un surplus d’affection était malsain.
Le déclic fut imminent. « Un surplus d’affection était malsain. » Son cerveau tournait à toute allure. « Un surplus d’affection était malsain. » Elle se frappa la tête contre un mur, s’attirant un cri de Charlie. « Un surplus d’affection était malsain. »
Joseph lui vouait une sorte de culte malsain.
Son surplus d’affection était malsain.
Joseph était malsain.
Georges en souffrait.


« Everybody's getting numb. Everybody's on the road.
Listen up, listen up, there's a devil in the church.»

Scène 4

Garett avait posé une semaine de repos. Charlie s’en réjouissait, ses enfants avaient l’air morose. Un père infidèle était un père mal aimé. Charlie avait une soirée de prévue, cinéma et tournée de café avec des amies. Une soirée calme selon elle, Garett avait aussitôt sauté sur le téléphone. Son discours était décousu, comme codé. Georges était restée cachée dans un placard, contorsionnée et jouant sur sa petite taille pour jouer l’esclave. Sa voix était précipitée, ses regards lançaient des éclairs de partout. Il n’avait pas la conscience tranquille, le grand Garett Flamel. Georges était sorti de sa cachette, un sourire étrangement sadique sur les lèvres.
« Je t’ai trouvé, un deux trois délivrance pour tous. » souffla – t – elle à son père.
Elle rit puis partit dans la cuisine. Elle le haïssait. Il la jugeait comme le déchet de la famille.

Garett disparut dans la soirée. La porte de la chambre parentale demeurait fermée à clef. Georges était sagement enfouie sous ses draps, un casque sur les oreilles. Soan révisait pour ses examens d’entrée dans des écoles. Le cliquetis de la serrure de l’entrée annonçait l’entrée de Charlie. Elle monta doucement les escaliers. Elle tenta de rentrer dans la chambre parentale. Elle se heurta à la serrure.
« Garett ? C’est moi je suis rentrée. Allez chéri ouvre, je suis fatiguée … »
Des mouvements de panique se firent entendre. Le visage de la mariée se décomposa. Elle se mit à imaginer le pire. Elle ouvrit la porte avec son couteau suisse qui comportait un tourne vis.
Garett était avec une jeune brune. Charlie s’appuya sur le recoin de la porte, le regard dans le vide, les bras croisés.
« Le plus triste dans cette affaire, c’est que je suis même plus triste.
- Tant mieux, tu veux nous rejoindre ? »

La provocation de son mari enflamma Charlie.
« Non mais tu te fous de ma gueule bordel ? Tu le fais exprès Garett ? Sérieusement t’as pas honte ? Elle pourrait être ta fille ! Regarde sa gueule de camion volé, t’as si peu de plaisir avec moi pour te payer une putain ? Garett, tu me dégoûtes, tu m’écoeures. Vous savez quoi, vous deux ? J’en ai marre. J’en ai plein le cul de tes tromperies, j’en ai marre, je vais dormir avec ma fille, je vous laisse vous entre-refiler vos MST ! »
Elle claqua la porte. Elle leva le menton vers le ciel, ferma les yeux, retint ses larmes. Garett. Elle l’avait aimé, depuis le lycée. Malgré ses tromperies, elle ne pouvait gommer les sentiments qu’elle avait envers cet homme sadique et ingrat qu’il était. Il semblait prendre un plaisir pervers à la faire souffrir, et à l’enfoncer au plus profond de sa détresse. Elle était malheureuse, marié à un mari qu’elle aimait éperdument à sens unique. Elle voulait s’écrouler par terre, peut – être se bourrer de médicaments et partir. Elle se relevait, le regard sévère et un sourire déterminé sur le visage. Elle ne le pouvait pas. Elle avait ses enfants. Ses enfants n’allaient jamais l’abandonner. Georges allait devenir médium avec elle, Soan allait devenir ingénieur en robotique comme il le voulait. Elle virerait Garett de sa propre maison, elle allait être heureuse, sans lui. Malgré tout, elle ne pouvait pas demander le divorce tout de suite, elle n’en avait pas la force. Elle l’aimait.
Elle allait se battre comme une femme.

« Mon ange ? »
Georges s’éveilla doucement à la voix réconfortante de sa mère.
« Maman ? »
Charlie lui offrit un sourire doux et triste. La petite devina tout de suite. Elle avait une grande capacité d’analyse quand il s’agissait des sentiments des autres envers d’autres personnes. Tout ce qui la touchait lui semblait imprévisible par contre.
« Il a recommencé n’est – ce pas ?
- Oui. Encore. Je pensais qu’il avait comprit avec le déménagement.
- Le lit ici doit être plus grand.
- J’en ai marre Georgie. »

Georges prit sa mère dans ses bras. Elle lui caressa doucement les cheveux, le regard dans le vide. Elle sentit la main de sa génitrice sur son genou et elle soupira, démolie pour sa mère.
« Dieu nous punit, Georgie. Je ne sais pas pourquoi. »
Le visage de Georges devint plus dur. Dieu ? Il les avait entubé depuis le début, les enfonçant plus bas que terre. Garett ne lui obéissait pas, qui était le plus heureux ? Garett bien sûr. Soan n’y croyait pas, il était en train de faire de hautes études pour faire le métier de ses rêves. Et elle ? La petite Georges sans intérêt et croyante comme un curé, qu’est – ce qu’elle avait ? Un paranoïaque qui la suivait et elle était condamnée à exercer un métier qui la terrifiait. Elle se mordit les lèvres et prit une grande inspiration.
« On l’emmerde Dieu ! On l’emmerde bien profond ! »
C’était la première fois qu’elle jurait. Sa mère la regarda sans comprendre. Pour Georges, le sentiment d’une rage extériorisée fut exquis.


« And I demand
You put my heart back in my hand
And wipe it clean
From the mess you made of me
And I require
You make me free from this desire
And when you leave
I'd better be the innocent
I used to be. »

Scène 5

Eternellement, Joseph était un véritable problème dans sa vie. En dehors de ses intrusions de plus en plus effrayantes, elle ne s’étonnait plus en le voyant sur le balcon de sa chambre. D’une voix lassée, elle se contentait de lui dire gentiment de se barrer avant qu’elle n’appelle les flics. Derrière cette attitude posée et calme, elle était terrorisée. Elle fermait ses volets, s’enfermait dans sa chambre le soir. Joseph était devenu son pire cauchemar, un ami pervers, un cadeau empoisonné. Cimer Dieu.
En quelques jours elle était devenue une athée en puissance. Elle méprisait ceux qui croyaient en quelque puissance divine. Parfois, elle poussait son discours en disant que Dieu et Satan n’étaient que des noms différents pour appeler une même personne. Certains vénéraient le divin, d’autres le diable. De son côté, Georges préférait se vénérer. C’était plus crédible.

« Lâche moi Joseph ! Tu me gaves, casse toi ! Je veux plus te voir tu me fais peur !
- Flamel ! Flamel ! Puis – je avoir l’honneur de posséder la connaissance de votre adresse électronique ?
- Barre toi t’auras pas mon mail, tu me spammerais, tu réussirais à mettre des trucs sur mon ordi pour m’espionner à travers ma webcam. Je te jure Joseph, tu me fais peur c’est dingue ! »

Devant l’acharnement de son ami, Georges se mit à courir. Elle devait s’enfuir pour ne plus avoir affaire à cet être réellement trop étrange. Sa course dura dix secondes et quinze millisecondes avant que son ami s’écrase au sol. Inquiète, elle s’arrêta et fonça vers lui.
« Joseph ? Joseph ? Joseph je suis désolée si je t’ai blessé. Joseph je … Eh merde. »

Elle leva les yeux au ciel et lui prit les mains pour le traîner au sol. Elle devait se faire pardonner. Elle avait mal agi et elle en avait conscience. Il y avait une différence non négligeable entre être devenue une impie et une connasse en puissance. Heureusement, la maison de la jeune femme se trouvait à quelques rues d’ici, mais le poids de son ami était proportionnel à sa taille. Joseph faisait bien quinze centimètres de plus qu’elle. La scène était surréaliste, un poil ridicule. Déterminée, la hargneuse petite Georges puisait les dernières forces en elle pour traîner son ami jusqu’à chez elle.

« Qui est – ce ?
- C’est un ami, Jo…
- Mais Georges t’abuses sérieusement !
- Je parlais à maman, pas à toi Soan.
- Il sait où tu habites !
- Il savait déjà où j’habitais il me suivait.
- Et tu le traînes chez toi, tranquille, bien ou bien ?
- Mais Soan tu sais j’ai presque dix huit ans je fais ce que je veux. »

Elle le foudroya du regard et prit un sourire bien plus mesquin.
« A défaut de tabasser les gens je les aide. Prend-en de la graine. »
Charlie reprit une poignée de cachets pour calmer ses angoisses. Georges dut se débrouiller seule pour faire monter le corps endormi de Joseph dans les escaliers. Après quatre chutes, deux hématomes et une dizaine de cris rageurs, ils arrivèrent en haut, à peu près sains et saufs.
Elle allongea son ami sur son lit et s’assit à côté de lui, en tailleur, s’occupant en lisant un livre.

Sa naïveté lui avait joué des tours, mais aider Joseph fut sa pire erreur. En le ramenant une fois chez elle, son ami crut désormais qu’il était la bienvenue à n’importe quel moment de la journée chez elle. Elle s’en mordait les doigts, ne pouvait désormais pas dormir tranquillement sans entendre la sonnerie retentir. Elle se demandait quand son ami dormait. Elle était désespérée. Elle s’en voulait. Les regards accusateurs de Charlie et Soan n’arrangeaient rien. Elle se surprit de souhaiter la mort de Joseph.
Il lui empoisonnait la vie.


« In this river all shall fade to black
Aint no coming back... »

Scène 6

Soan et Georges avaient grandis avec les enfants du quartier. Antony et Alissa étaient en couple depuis quelques temps et avec une bande d’amis, ils avaient eu pour projet de fêter leur fin d’étude près d’un grand lac. Soan était partant pour y aller, Georges haïssait les fêtes. Lorsque son frère lui mentionna la présence d’alcool, elle refusait catégoriquement de participer à la fête. Soan l’avait supplié, à genoux, pendant la nuit, pendant le déjeuner, quand elle rentrait, avait fait un poster avec écrit en gros « s’il te plait ». Elle refusait, détestant l’alcool et les fêtes depuis toujours. Son frère, déçu de profiter et de s’amuser sans sa sœur, remis en doute sa présence à cette fête, puis au final, il y alla sans Georges.

Elle regretta.

« Soan ? Soan ! Soan bordel tu m’entends ?! Soan je suis là, ouvre les yeux ! Tu vas les ouvrir tes putain de yeux oui ou non ? Allez déconne pas c’est plus drôle ! »

Et si seulement elle y était allée ?

Il avait bu, trop bu. Le lac était près, trop près. Les défis étaient osés, trop osés.

« Soan, je suis désolée. Soan, j’aurais du venir. Soan, tu m’excuses ? Enfin, j’suis conne tu peux pas m’excuser parce que t’es … Soan … »

Il s’amusait, lui, le garçon au cœur brisé de vingt ans. Il buvait, il soignait ses plaies ouvertes de l’intérieur avec de l’alcool à quarante degré. Habituellement, on désinfectait les plaies à l’alcool, quatre vingt degré suffisaient à calmer les douleurs. La tequila et la vodka diluée ne suffisaient pas au jeune homme.

Elle s’affala dans son lit. Elle frappa son oreiller. Georges ne pleurait pas, elle ne pleurait jamais. Elle était en colère contre elle-même. Elle se haïssait, elle et sa peur débile de l’inconnu, de l’alcool, des fêtes, des autres, du suicide, de la dépression, de la mort, de la douleur, de la perte. Pourtant avec cet accident, elle connaissait l’alcool, les inconnus, les fêtes funestes, la dépression de Charlie face à la mort de son fils, la douleur d’être sœur d’un divin, la perte d’un être cher.

Il se débattait dans le lac. Les autres riaient. Ils ne comprenaient pas. Soan ne comprenait pas. D’habitude, il arrivait à flotter. Il riait. C’était amusant, cette sensation de couler sans comprendre pourquoi. Il était persuadé qu’il surgirait de l’eau, tôt ou tard. Il amuserait la galerie. Il est comme ça Soan, il se sacrifie pour amuser les autres.

Heure du décès, 1h36.

Son corps avait été retrouvé. Ses amis ne riaient plus. Ils pleuraient. Il s’était noyé. Il avait lavé ses plaies de l’intérieur, avec cet alcool destructeur à l’excès. Plus jamais il n’allait voir de couples infidèles qui lui déchiraient le cœur, de violeurs en chaleur, de croyants extrêmes, de refus décevants. Il était calme, reposé, ses traits étaient rieurs. Pour Georges, l’enterrement fut une torture. Le visage détendu de son frère face à la mort contrastait avec le visage fermé de la jeune femme. Elle n’osait pas parler au micro pour faire un discours. Elle se tenait là, avec ses fleurs, tête baissée, déçue d’elle-même.
Et si elle y était allée ? Elle aurait pu sauver son frère. Elle se haïssait.

Il avait souhaité que cette soirée jamais ne se finisse. Cette soirée ne se finit jamais dans le cœur de ses proches. Georges revivait ce cauchemar en boucle


« No safety, no dignity, no light, no justice,
no future, no home and nowhere to go
Their misery, frustration, anger, depression,
Sadness, madness will drown in hatred ! »

Scène 7

Garett était un home intelligent. Les Flamel avaient toujours misé sur lui. Il allait devenir un homme important, cadre de banque ou politicien. Il allait enseigner le mensonge et tout le monde savait qu’il fallait que le peuple s’allonge pour supporter les Etats. Garett était assis sur son empire de luxure et d’argent. Il était à l’opposé des valeurs de sa famille. Sa femme était médium, son fils était décédé après avoir goûté aux plaisirs de l’alcool, sa fille se proclamait fièrement asexuelle. Il ne s’y retrouvait plus, il déprimait.
Pour remédier à cet ennui familial, il se noyait dans les nuits fauves avec des inconnus qui le faisaient fantasmaient. Le point positif avec le sexe, c’est qu’on oubliait rapidement l’autre. C’était une nuit avec lui, un plaisir mutuel, puis plus rien. Le souci avec l’amour, c’est qu’on s’expose à la souffrance. Garett en souffrait, il se dégoûtait lui-même, le matin, en admirant ses suçons dans le cou qui ne venaient pas des lèvres de sa femme qu’il avait jadis tant aimée. Le béton de leur relation était leurs enfants et la maison. Garett pouvait se racheter une maison, et sa progéniture le haïssait. Plus rien ne le rattachait à sa famille. Plus rien à part les valeurs familiales. Il était conservateur, c’était beau à voir cette hypocrisie.

Il cherchait le divorce. Il se forçait à s’échapper de cette famille. Il ne se cachait plus et ramenait des filles chez lui, dans son lit. Charlie devenait sarcastique, sa fille se moquait ouvertement de lui. Il ne comprenait pas les femmes. Il n’avait jamais été bon en logique.

« Je divorce Garett. »
Il avait rêvé de ces trois mots. Il les avait écrit noir sur blanc sur des papiers en imitant l’écriture de sa femme. Il aurait pu éprouver un plaisir intense en les entendant. Non. Il sentait un vide immense se creuser en lui, comme si du sable coulait le long de son estomac.
« Je devine que je n’ai pas le droit de demander pourquoi.
- C’est surtout logique, bouffon ! »

Charlie avait raison. Les motivations de son divorce étaient logiques. N’oublions pas que Garett n’avait jamais été doué en logique. Ses tromperies et son infidélité avaient eu raison de son couple. Le fait de devenir un homme riche aurait du ravir le mari. Au lieu de ça, l’attachement minime qu’il ressentait à l’égard de sa famille le rendait amer. Fichtre.
« Si tu n’acceptes pas, je te virerais d’ici. Tu n’auras pas ton mot à dire. »

Georges voulait tout être plus tard. Elle pouvait être médium, elle s’en fichait. Cependant, si il a une chose qu’il la dégoûtait, c’était devenir adulte. Elle haïssait leur monde rempli de luxure et de tromperie. Elle haïssait les adultes. C’était dur être adulte. En voyant son père partir, elle n’éprouvait pas de tristesse, seulement une justice. Elle n’avait jamais considéré son père comme un Flamel, aussi étrange que ça ne puisse paraître. La boîte aux lettres vit le nom « Charlie Flamel » se transformer en « Charlie Heinz » et ainsi, la seule Flamel restante de la famille se sentit plus seule que jamais.



ACTE III
-
PERIPETIES


ACTE IV
-
RESOLUTIONS


Scène 1
 
La petite Georges était devenue vengeresse. En quelques temps, elle était passée de fille modèle à terrible harpie. Son extérieur en restait inchangée, elle était égale à elle-même. Sur son visage, on lisait toujours une confiance aveugle au genre humain. C’était le drame de sa vie, elle croyait les yeux fermés à la bonté humaine et une personne était folle à ses yeux si elle ne parvenait pas à s’habiller seule. Dans ses yeux, on lisait toujours cette candeur excessive malgré sa vingtaine d’années. Dans ses mouvements, on lisait tout de même une terrible envie de vengeance.
Elle voulait se venger de Garett, de la bouteille, de monsieur Tequila et monsieur Vodka. Elle voulait surtout se venger du poison de sa vie, son tueur à distance, celui qui la rendait ermite à la suivre, son cauchemar : Joseph.

Elle acheta un immense aquarium pour poissons rouges. Charlie l’interrogea sur la raison de son achat, Georges lui sourit sans lui répondre et elle grimpa les escaliers deux à deux pour aller dans sa chambre. Elle posa son achat en évidence sur son bureau puis elle retourna dehors. Georges captura une vingtaine d’escargots et remonta dans sa chambre, sous les yeux étonnés de sa mère qui se demandait pourquoi sa fille faisait autant d’aller retour.
« Toi tu t’appelleras Manson. »
Charles Manson. Un tueur en série américain. Charlie Manson. Un grand stratège. Charlie Manson. Un gourou. Manson représentait sa mère Charlie, dans son obsession religieuse et paranormale. Elle en nomma trois ainsi et les distingua en marquant un « M » sur leur coquille. Ceux là, elle les aimait, malgré le fait qu’ils soient étranges. Les gastéropodes choisis étaient tous avec des couleurs inhabituelles, comme du rouge et du blanc. Elle s’en fichait, elle représentait sa mère.
« Vous ça serait Shawn. »
Ceux là étaient les plus beaux. Ils étaient grands, leurs coquilles étaient énormes et leurs couleurs étaient harmonieuses. De visuel, c’était ceux que Georges préféraient. Ils représentaient son frère défunt, si aimé, si adoré, Soan. Elle soupira et n’éprouva pas le besoin de leur mettre une marque distinctive sur la carapace. Le feutre aurait salit leur être, leur beauté parfaite. Georges passa un moment à les admirer, la bouche entrouverte, prête à soupirer. Soan lui manquait terriblement. Emue, elle passa son index sur la coquille d’un Shawn et la caressa tendrement.
« Ceux là se nommeront Barett. »
C’était ceux qui bavaient le plus. Ils étaient plus sombres en général. Ils avançaient lentement mais ils étaient très imposants. Ils parlaient beaucoup mais n’agissaient pas, pensait Georges. Elle sourit, ceux là représentaient son père, aimé mais détesté. Bien qu’il demeurait un connard fini, elle ne pouvait s’empêcher de l’aimer. Après tout, Garett restait son pè…
Prit d’un accès de rage, elle écrasa son poing sur un Barett. Cet acte la soulageait, elle avait l’impression de fracasser son père, mais elle se gardait d’amocher l’humain. Les associations pour la protection des animaux l’aurait mit en prison.
« Judas aurait pu devenir un saint… Le patron de nous tous qui ne cessons de trahir… »
Ces gastéropodes étaient laids. Petits, frêles, lents … Leurs coquilles étaient parfois fendues et on voyait le corps infâme de l’escargot se mouvoir en dessous. Rien qu’à les regarder, Georges en avait la nausée. Joseph était le père nourricier de Jésus. Il aurait pu accomplir de grandes choses, ce Joseph. A la place, dans la vie de Georges, il l’avait trahi. Georges se sentait trahie. Trahie par cette affection à cause de son nom de famille. Non, Joseph était en opposition totale avec son prénom. Joseph était fourbe, Joseph était vil. Judas lui allait réellement mieux, dans sa laideur et sa lâcheté.
Elle tremblait. Elle baptisa une dizaine d’escargots Judas et la sentence tomba.
Quatre Judas furent sauvagement écrasés.


Scène 2
Un long manteau sur le dos, elle avait caché sa chevelure rouge si atypique par un vaste chapeau qui cachait également son visage. Elle avait emprunté les lunettes rondes à verres violets de sa mère. Le bas de son visage était camouflé par un keffieh informe. Elle avait mit des baskets hideuses pour changer de ses grosses bottes scintillantes. Elle ne ressemblait plus à Georges. Elle s’était déguisée. Elle était devenue une pouilleuse. Elle se cachait de Joseph. Elle ne voulait plus le voir. Elle voulait s’enfuir. Elle ne parvenait pas à savoir comment son amitié avait aussi mal finie. Joseph avait été adorable, mais si faux. C’était honteux. Elle n’en revenait décidément pas.

Elle se leva un matin et vit une tente dans son jardin. Un frisson d’horreur la parcourut.
« Pitié non … »
Elle accourut sous son balcon et se pencha en robe de nuit vers le campeur illégal.
« C’est mon jardin, dégagez de là ! »
L’habitant de la toile sortit. Eheh, devinez qui c’était … Prise de rage, elle poussa un cri nerveux et descendit en trombes les escaliers avec un gastéropode nommé Judas. Charlie lui demandait ce qu’elle avait mais Georges ne répondit pas. Quand elle était énervée, elle n’écoutait plus rien ni personne. Elle tremblait de haine, elle devait virer à tout jamais cet imbécile de sa vie, le rayer définitivement. Il était toxique, il était une mauvaise herbe à arracher.
« Ecoute moi bien, ducon ! »
Elle donna un violent coup de pied dans sa tente et attendit que l’autre sorte définitivement.
« Y a pas écrit camping municipal ici ! T’es dans mon jardin putain ! Tu dégages vite fait sinon je te jure Joseph, j’appelle les flics ! T’es insupportable tu …
- Je …
- Ta gueule. Je te jure ta gueule Joseph sinon tu vas te recevoir mon genou dans les valseuses. Tu dégages de ma vie. Tu me lâches. Je veux plus te voir. Je te hais. Je … Je … »

Elle tendit la main vers lui, son Judas entre le pouce et l’index. Son regard n’avait jamais été aussi haineux, sa bouche était scellée de nervosité.
« Il s’appelle Judas. C’est ta représentation. Je te hais Joseph. »
La coquille de l’escargot se fendit sous la pression exercée par Georges. Bientôt, le pauvre animal ne fut qu’une bouillie vivante entre les mains de la furie. Elle n’en pouvait plus. Elle voulait exterminer Joseph, le barrer définitivement de ses amis.
« Casse toi. Tu prends tout ton bordel et tu te barres ! »
Elle prit sa tente et la jeta dans un coin de son jardin. Elle ne se contrôlait pas. Elle était prise d’une rage puissante  et destructrice
« Mais Flam…
- JE M’APPELLE GEORGES PUTAIN DE BORDEL DE MERDE ! »
s’étrangla – t – elle. « Nicolas Flamel il a rien fait en alchimie ! Il a fait des recherches sur une pierre, mais à tout les coups c’est qu’une légende à la con Joseph ! Nicolas Flamel c’était qu’un menteur, un gros con, il a rien inventé et il a prit tout le monde pour des cons. Seulement t’as des gens suffisamment débiles pour croire à ses conneries, et t’en fais parti. Maintenant tu arrêtes tes conneries et tu vas m’écouter. Elle existe pas ta putain de pierre, c’est de la merde de lapin fossilisée à tous les coups, et comme le crétin que tu es tu y crois dur comme fer. Tu me dégoûtes Joseph. »
Elle tremblait dans son laïus. Elle sentit quelque chose opérer sur sa gorge. Sa voix ne lui obéissait plus, et parler devenait une épreuve.
« Je … Je … Je pensais que tu m’aimais … En tant qu’amie … Pour … Pour ce que j’étais … Putain de merde, que j’ai été conne Joseph ! »
Elle resta immobile un instant, démolie. Elle regarda son ami et le gifla une bonne fois pour toute. Ca faisait du bien.

Elle s’affala dans son lit. Elle roula sur le dos. Elle ne pleurait pas. Elle avait mal à la gorge. Elle tremblait.
Qu’aurait été sa vie si Joseph l’avait vraiment aimé pour ce qu’elle était ? Elle s’imaginait heureuse, courant dans les collines, rire de tout, monter sur des poteaux, faire des recherches de temps en temps sur la pierre philosophale pour lui faire plaisir. Elle s’imaginait, juchée sur les épaules du géant, riant aux éclats comme l’enfant qu’elle avait été et qu’elle était toujours.
Elle serra les dents.
Elle sentit sa bouche se déformer. Elle voulait hurler. Les dîners à la cantine à rire de tout. Elle voulait rire. Le seul ami qu’elle n’avait jamais eu venait de s’envoler, il était parti en fumée, il avait été une fuite de gaz et leur dispute avait été l’allumette.
Elle sentit de l’eau couler sur ses joues.
Elle pleurait.
« BORDEL ! »
Elle fondit en larmes. Elle s’écrasa le coussin sur la tête, son corps déformé par ses sanglots. Elle pleurait sur leur amitié fausse, sur sa naïveté, sa stupidité, sa gentillesse. Quelle folle elle avait été. Croire qu’un homme puisse l’apprécier pour ses valeurs. Jamais. Elle attrapa un nouveau Judas et l’écrasa. Ses sanglots redoublèrent et elle se roula en boule. Le noir et le rouge de son maquillage se mêlèrent à ses larmes et de longues traînées furent visibles sur ces joues de porcelaine.
« Soan ! Je t’en prie viens ! Soan je dois te parler ! Soan je … So… EH MERDE PUTAIN C’EST VRAI. Pourquoi t’es mort toi aussi ? Pourquoi tu m’as abandonnée ! »
Elle appela Charlie. Elle ne vint pas. Elle s’en fichait. Elle était désespérément seule. Elle prit un Shawn et le laissa avancer sur son bras. Elle soupirait, son visage baigné de larmes. Elle aurait du pleurer ainsi à la disparition de son frère. A croire que perdre un ami était plus douloureux que perdre un frère aimant, quelle ironie.


Scène 3

Charlie et Georges étaient seules. Mère et fille se ressemblaient. C’était quelque chose de rarissime, le visage de Georges étant constamment couvert d’une épaisse couche de poudre blanche pour avoir l’air d’une poupée fragile de porcelaine. Non. Ces jours ci, elle ne sortait plus. Elle avait fait l’école buissonnière pendant près de deux semaines et elle s’enfermait dans sa chambre, refusant pertinemment de voir Joseph ou d’affronter le monde extérieur. Elle n’était plus décidé à jouer son rôle de marionnette désarticulée, elle ne prenait plus la peine de se maquiller pour ressembler à son personnage. Elle demeurait là, exposant sans pudeur sa peau pleine d’imperfections, ses lèvres décidément trop plates et ses yeux inexpressifs qui lançaient des éclairs au vide.
Devant le désespoir de sa fille, Charlie se forçait à ne pas sombrer dans une dépression. Elle se devait de rester forte. Son fils tant aimé était décédé et son laxisme avait été l’allumette à cette tragédie. Elle vivait avec la vision de son enfant chéri étendu sur une berge, sa sœur éteinte à ses côtés. Pour Georges, elle s’était juré de ne pas abandonner. Pour Georges, elle s’était juré de s’endurcir. Elle lui devait bien ça.

La situation devenait invivable à la Nouvelle Orléans. Georges piquait de redoutables crises d’angoisse à l’idée d’aller au lycée et retrouver Joseph. Elle passait son temps à retirer fragment par fragment les morceaux de carapaces des gastéropodes nommés Judas. Les traîtres souffraient plus que les Barett. Elle effritait chaque souvenir de cette amitié factice qu’elle avait entretenu avec son seul ami, folle de haine et de rage. Elle pouvait le tuer si elle en avait la force. Elle n’avait pas envie de tuer autrui, même si elle était persuadée qu’effectuer un acte si héroïque devait être particulièrement jouissif.

Charlie menait ses recherches de son côté. Les murs de cette maison étaient à nouveau souillés. Cette fois, il n’y avait pas que sa dignité et une histoire de spiritualité qui entraient en jeu. Georges plongeait dans une sorte de paranoïa terrifiante où les cauchemars et hallucinations se multipliaient. Joseph la suivait, Joseph était l’ombre qui se dévoilait quand elle ouvrait le rideau de douche, Joseph était le chauffeur de son bus, Joseph était ce témoin de Jéhovah qui sonnait à la porte. L’obsédé aux envies immortelles était partout, ses yeux vicieux l’épiaient. Elle étouffait. Elle s’enfermait. Elle avait apprit à pleurer. Elle fracassait ses escargots, devenus ses défouloirs préférés.
Charlie trouva une maison au Nord des Etats Unis. Le voyage s’annonçait long. La description de Lane lui avait plu. Une ville où le mystère planait et où les légendes urbaines faisaient parties du folklore et du quotidien. Elle s’était acharnée sur cette ville, cherchant les bonnes affaires, les maisons avec un passé intéressant. Elle avait trouvé sa perle rare au détour du pont Midget.

« Nous déménageons ma Georgie. »
Fuir. Tout son corps, alourdi par ce sentiment gras de trahison, se sentit purifié. Fuir la Nouvelle Orléans. Elle sourit et bondit sur ses jambes. En une fraction de seconde, elle avait tout envoyé balader. Tel un phénix, elle renaissait de ses cendres. Adieu Joseph, adieu ces murs qui ont vu tant d’horreur, adieu le grenier de Soan qui la surveillait quand elle allait se brosser les dents à la salle de bain. Son sourire se métamorphosa en une expression de béatitude. Un renouveau s’offrait à elle. Elle allait fuir cette maudite ville et traverser les Etats Unis. Avec un tel déménagement, si Joseph la retrouvait, cet exploit releva du miracle.
« C’est fantastique maman ! »
Elle lui bondit dessus et poussa des petits cris hystériques. L’euphorie la possédait, elle ne désirait que sauter dans tous les sens et se comporter comme l’enfant qu’elle était.
« On part pour toujours ! On va fuir ces connards et ces imbéciles ! C’est fantastique ! Dingue ! Dingue dingue dingue ! J’ai tellement hâte ! Lane est une belle ville ?
- Je l’ai trouvée belle. »

Cette ville mystérieuse devait être sacrément belle.

Elle en avait rêvé toute la nuit de ce déménagement. Ses affaires furent préparées en un éclair. Le lendemain, fille et mère se tenait dans le hall de leur ancienne demeure. Georges voulait s’en aller au plus vite, l’impatience et l’excitation la faisaient trembler. Elles montèrent dans la voiture.
« Arkansas. »
Elles grimpaient en Amérique.
« Missouri. »
Georges souriait à la vue des panneaux qui annonçaient les Etats de la fière Amérique.
« Iowa. »
Elles traversèrent Des Moines. Georges pouffa au nom de la ville. Des Moines, vraiment.
« Wisconsin. »
Le sourire sur le visage de Charlie s’élargit.
« Michigan. Nous y sommes. »



Je rappelle une nouvelle fois le codage est entièrement de moi, le personnage de Georges Flamel aussi. Je suis assez possessive concernant mon travail :B.





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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 29 Mai - 12:51



broadway
Cette fiche c'est le gros bazar, on trouve 3 post d'histoire et un caractère à la fin, désolée d'avance si c'est un peu le bordel :c


ACTE V
-
FINAL


Lane était une grande ville.

Les légendes locales éveillaient la curiosité de Georges. Elle se surprenait d’affronter les rumeurs, allant dans cette mystérieuse forêt. Elle riait aux éclats, elle se fichait du danger. Le danger, elle ne l’avait jamais affronté yeux dans les yeux après tout.
La raison de l’euphorie qu’avait engendrée le déménagement venait surtout de la disparition de Joseph. Il était resté seul, loin, à la Nouvelle Orléans, goûtant encore au soleil du Sud américain. Elle, elle se sentait libre, libérée de cette constante peur. C’était beau à sentir, l’insouciance.

Les habitants étaient admirables. Charlie avait prit une retraite bien méritée, et Georges s’était lancée une bonne fois pour toute dans le métier de médium écrivain. Elle inventait des rituels de préparation. Pour faire face à son manque de don, elle devait acquérir la confiance du client et à ce moment là, elle lui injectait une dose de mensonges tout droits dans le cerveau. Son physique candide et ses sourires faussement sincères atténuaient les doutes de la clientèle qui, charmé par cette laideur masquée, se laissait embobinée.
« Cette ligne là vous avertit du danger. » Il fallait augmenter son air enfantin. « Vous avez un serpent ?
- Non.
- Donc un chien ?
- Oui.
- Faites attention, il vous mangera tôt ou tard. »

Son sérieux amusait les gens. A défaut d’exercer correctement son métier, les personnes revenaient pour voir le spectacle de cette fille qui s’était trompé de métier.
« Les esprits arrivent … »
Elle jouait son rôle à merveille. Elle avait apprit à faire la voix paniquée, les yeux de possédée et à changer son écriture pour simuler des possessions diverses d’esprits différents. En général, sa clientèle restait étonnée devant ces manifestations physiques et, parfois, par un miracle, certains croyaient en l’étrange science de Georges.
Il la payait dix dollars de plus quand c’était le cas.

Elle était étendue sur son lit double. Sa mère espérait encore que sa fille ait un jour une progéniture. Georges en riait. Elle s’était auto proclamée asexuelle et elle était persuadée de l’être. En vingt deux ans d’existence, elle n’était jamais tombée amoureuse et ses hormones semblaient éteintes. A force de se répéter qu’elle avait cette orientation sexuelle, elle avait fini par s’y persuader. Elle et elle restera inatteignable amoureusement parlant.
Elle avait commencé à fumer. Elle était morte de peur à l’idée de ne pas réussir à amasser un salaire suffisamment consistant pour entretenir sa mère et survivre. Tirer quelques lattes chaque jour l’aidait d’une certaine manière à tenir le coup. Le stress l’envahissait et voir de la fumée de sa bouche l’amusait.

Elle se promenait alors dans Lane, sa clope au bec, ses bottes scintillantes claquant sur le pavé. Elle avait décidé de s’acheter de nouveaux animaux de compagnie. Les escargots ne lui suffisaient plus. Elle avait fait des recherches pour les noms. Elle avait pensé à Nox et Lumos. Elle voulait quelque chose de symbolique, autant que ses gastéropodes adorés. Cette fois, elle ne les tuerait pas au gré de ses humeurs. Elle allait les chérir et ils la chériront lors de ses moments durs.
Elle écrasa son mégot par terre et entra dans la boutique. Elle prit deux rats, un noir et un blanc.
Zeppelin.
Nautillus.
« Vous êtes sûres de votre choix ? »
Elle regarda le vendeur dans les yeux et un maigre sourire s’afficha sur son visage.
« Absolument sûre. »



six degrees of inner turbulence
Isolation I don't want to sit on a lemon tree, I'm stepping around in a desert of joy

Georges est fausse.

Aux premiers abords, elle parait rayonnante. Aux yeux des normaux, elle paraît gracieuse, certains la voient seulement puérile. Elle est l’enfant du coin, avec ses joues roses de poudre, son visage de porcelaine, son petit mètre cinquante sept. Elle est de celles qui paraissent plus vivantes que tout, qui rit fort pour faire taire le bruit de leur propre tête. Elle est attentionnée, Georges, oh. Personne n’aurait l’audace de prouver le contraire. Un souci dans vos vies ? Elle arrivera avec son pas de malade en sautillant, se penchera vers vous, les poings sur ses joues. Elle est étrange pour ça, Georges. Elle rigole souvent, elle va vers tout le monde, elle ne semble pas avoir peur du danger. D’ailleurs, le danger, elle ne connait pas. Elle donne pour tous, elle reste fidèle aux imbéciles, elle se fiche de se prendre des portes dans la tronche mais garde son sourire de cinglée. On la trouve un peu simple, c’est le stéréotype de la fille qui veut bien se voir, Georges. Elle est un peu simple, avec son but stupide mais si épuré : être heureuse. Elle est prête à tout pour ce bonheur, et elle ne ferait rien pour se détourner de son objectif. Si elle peut rendre les autres heureux et elle aussi, eh bien elle se dévouera pour exécuter la tâche. Elle est trop gentille, vraiment, trop gentille pour être vraie, Georges. Derrière cette excentricité visible par sa manière de s’habiller, on peut y voir un ange sans aucune retenue. Elle est un peu dérangeante dans ses excès, elle le sait. C’est le genre de gosse qui a jamais grandi, qui continue à se foutre du regard des autres.
On pourrait presque l’envier.

Quand on approfondit la connaissance de son mental, on peut y voir une jeune femme respectable. Derrière ses manières liantes, elle est une femme très carrée et professionnelle. Dans sa marche, sa manière de se déplacer, de regarder autrui, elle sait imposer le respect. Du haut de sa petite taille, elle a quelque chose de plus fort que les nerfs, que les muscles, que la force brute : l’aura. Elle possède cette aura de la fille qui vous dit « merde » en face, avec cette franchise désarmante. Avouez que voir des insultes jaillir de ses lèvres vermeilles étonnent, entendre des horreurs accompagnées de ce sourire mesquin sur un visage pur est stupéfiant. Oui, Georges est directe. Elle veut dire quelque chose, elle le dit, et se fiche pas mal des conséquences. Elle aurait pu avoir les qualités d’une leadeuse parfaite, avec son charisme sorti de nulle part. Elle est diplomate, elle déteste la violence en général. Elle apparait hargneuse et provocatrice mais dès qu’elle le pourra, elle tentera de calmer le jeu, s’abaisser et salir son égo pour sauver autrui. C’est étonnant.
Toute en nerf, Georges n’est guère musclée. Dynamique et énergétique, elle préfère miser sur la rapidité en cas de combat ou frapper là où ça fait mal. Elle connait les points faibles aussi bien des hommes que des femmes, et elle s’avère littéralement impitoyable en cas de litige. Cependant, elle reste relativement tolérante –avec son style de vie, l’intolérance serait un comble-, malgré qu’admettre s’être trompée reste une épreuve pour elle, étant très fière.
Une chose reste néanmoins sûre, elle est quelqu’un de vrai à première vue.

Dès qu’on commence à la connaître vraiment, ou bien à la provoquer, on comprend vite que quelque chose ne tourne pas rond. Georges semble littéralement insensible. Beaucoup mettent cette imperméabilité sur le dos de son optimiste excessif, or la jeune femme a du mal à ressentir des émotions pour autrui. Face à ce manque d’amour, elle était même allée jusqu’à s’auto-proclamer haut et fort asexuelle. C’est bien le souci de Georges : le réel et la rationalité. La médium semble complètement hors du temps, que ce soit avec sa manière de s’habiller, de se maquiller, de parler avec sa voix traînante ou bien même de marcher. Elle semble décaler de la réalité, totalement irrationnelle. Elle a ce côté désordonné qui jure complètement avec l’image de femme rangée qu’elle tente de se donner, et à partir de cette réflexion, beaucoup se demandent si la jeune mystique ne joue pas un rôle. Georges vire ces affirmations, se jugeant trop naïve pour le faire exprès. Là est toute la contradiction, autant la jeune femme peut se montrer extrêmement perspicace sur des détails, autant elle ira inventer des histoires farfelues pour défendre un rare ami ou s’enfoncer dans un mensonge monté de toutes pièces. Elle émettra un jugement précoce et restera catégoriquement bloquée sur son idée jusqu’à que son interlocuteur lui prouve par a+b qu’elle a tort … Et encore. Son immaturité et son imagination d’enfant la poussent à s’inventer parfois même un monde entier, avec des gens qu’elle inventerait pour se défouler, comme son monde d’escargots avec Judas, Shawn, Barett ou Manson. Parfois, on lui demande des explications sur le nom de ses rats, Nautilus et Zeppelin, ou de ses gastéropodes, elle refuse d’y répondre et se met à mépriser l’autre. Cependant, Georges ne supporte pas qu’on la traite de cinglée ou de folle : elle deviendra ironique et tapera vocalement là où ça fait mal. Derrière son image d’enfant protectrice d’autrui se cache une personnalité bien plus sombre et bancale.

Elle a peur. Georges est terrifiée par son expérience avec Joseph. Elle ne l’avoue pas mais elle a du mal à faire confiance. Parfois, elle se referme dans une sorte de coquille de haine envers autrui, contrastant avec son image de gamine écervelée si amusante à voir. Ce renfermement ne dure jamais bien longtemps, car la jeune femme préfère largement rire de son passé plutôt que pleurer. Elle rit souvent, trop d’ailleurs. Elle est terriblement émotive, Georges, mais ça, elle ne l’avouera jamais. Toute une partie de son caractère, elle le nie comme on nie un crime. L’idée même d’éprouver des sentiments négatifs lui provoque une véritable poussée de haine envers elle-même et comme bon être humain qu’elle est, elle préfère s’aimer que se haïr. Au fond, Georges est devenue littéralement paranoïaque. Elle observe son jardin continuellement, prend peur dès qu’un brun un peu grand s’approche, déteste littéralement l’alchimie et pourrait littéralement frapper quelqu’un qui dirait « Oh le courant passe bien entre nous, c’est l’alchimie ça ! ». Non. Tout ce qui se rapproche de près ou de loin à la pierre philosophale ou Nicolas Flamel, elle l’envoie balader. Ce type lui a démoli une amitié à laquelle elle tenait, elle serait littéralement capable d’aller profaner sa tombe en sacrifiant un animal dessus. Jalouse ? Rancunière ? Hystérique ? Folle ? Déséquilibrée ? A vrai dire, beaucoup de ces terribles défauts peuvent lui correspondre. Elle ne supporte désormais plus qu’on approche d’un de ses amis. Elle est devenue une sorte de jalouse maladive, folle à l’idée de perdre un être cher. Avant tout, elle est quelqu’un d’extrêmement dévouée. Fidèle, elle se donne corps et âme pour la défense de ses amis, comme elle a pu le faire avec Joseph. Cependant, elle reste une femme très fragile et crédule. Elle se hait profondément pour sa naïveté et dit souvent que les personnes stupides mais conscients de leur stupidité sont des personnes très malheureuses. Elle ne se juge pas malheureuse : ça serait trop coûteux pour son estime. Dès qu’il s’agit de donner son avis, elle jugera souvent par rapport à ses sentiments, et Georges est une personne ayant énormément de mal à être objective, si bien qu’elle est très souvent injuste et illogique avec autrui.
Georges est relativement amicale et gentille si on ne la blesse pas. En réalité, elle présente souvent son visage d’optimiste et d’enfant, elle trouve ce masque bien plus facile et agréable à porter. Cependant, si quelqu’un a un jour le malheur de la blesser intérieurement, sa fierté fera naître en elle un besoin de vengeance. A ce moment là, elle est prête à tout pour que l’autre souffre autant qu’elle a souffert. L’hystérie est présente, la folie aussi. Elle s’est retrouvée à écraser des escargots pour calmer ses nerfs, à jeter des tentes par-dessus ses haies, à développer un profond sentiment d’abandon. Georges est excessive et colérique, ce ne sont plus des choses à prouver après tout. C’est une teigneuse, une acharnée, une vengeresse, on pourrait presque la comparer à une harpie. Quiconque ose la trahir ou toucher à un de ses proches l’aura sur son dos pour le restant de ses jours, ou bien elle tentera de fuir cette personne si elle tenait à elle dans le but de voir l’autre souffrir, galérer ou dépérir. A ce moment là, elle n’a plus ce regard enfantin sagement maquillé qu’elle porte tous les jours. Non. Dans ses yeux verts brille la haine, l’envie de vengeance, la pourriture humaine.
Georges est une adulte après tout.

On la juge folle, fantasque, bizarre, bancale, étourdie, inclassable, merveilleuse, angélique, brutale, indécente, puérile. Un côté gauche hurle qu’elle est complexe, l’autre étonnante. Les côtés s’accordent en général dans l’assemblée pour scander qu’elle ne passe pas inaperçu. Au moins.


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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 29 Mai - 15:45

Bienvenue sur le Forum ! http://fairy-tail-de
Pardonne ma connexion internet, j'aurais aimé pouvoir diffuser mon trop plein de compliments plus tôt mais maintenant que c'est le cas je ne vais pas m'en priver. xD
Ta. Présentation. Est. Géniale. Déjà parce qu'elle est longue et que j'adore les pavés de ce genre (sans doute parce que je suis incapable de faire pareil), ensuite parce que la rédaction est superbement bien menée et prenante, tant de qualité m'arracherait presque des larmes et je déconne pas. J'aime aussi beaucoup le fait qu'elle ait déjà un lien avec Joseph, ça ajoute tout de suite plus de profondeur au récit. Faudra qu'il fasse sa fiche aussi d'ailleurs j'ai hâte de la lire.
Et puis le codage quoi. C'est juste sublime, je veux apprendre à coder des fiches comme ça aussi ! Et en plus y'a des musiques partout, non décidément c'est un cadeau du ciel. ♥️

Bref tu l'auras compris j'attends impatiemment la suite de ta présentation et j'espère que Forumactif t'embêtera pas trop avec les limites de caractères, j'avoue que c'est chiant. Bon courage et si tu as la moindre question, n'hésite pas à envoyer un petit MP Wink

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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Ven 30 Mai - 12:57

TU. ES. LA http://fairy-tail-de http://fairy-tail-de http://fairy-tail-de
J'ai pas grand chose à ajouter en fait, notre géniale fonda a tout résumé : c'est juste super xD C'est de la longueur et de la qualité, c'est agréable à lire et puis ton personnage... Il est super attachant. Et puis le fait que Georges soit super postitive alors qu'au fond, personne ne se soucie vraiment d'elle c'est un trait de caractère que je ne pourrais jamais avoir et qui doit être super intéressant à jouer.
En mon fort intérieur, ma personnalité "Jo" me harcèle pour que je lâche un gros "FLAMEEEEEEEEEEEEEEEEEEL" au début de ce post mais je lutte, je lutte. Il faut dire que ça va être un duo absolument epic xD

Bref c'est super que tu sois là, hâte de lire la suite et amuse-toi bien .u.

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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Sam 31 Mai - 17:37

Histoire finie o/. Les deux derniers actes sont bâclés mais j'en avais un peu marre de traîner la chose en longueur :v. Je vais quand même faire un caractère, parce que j'ai envie de faire un résumé de la psychologie de Georges tout de même What a Face.
Merci pour tous vos compliments en tout cas, ça me fait extrêmement plaisir <3
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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Mar 3 Juin - 23:12

*flemme de changer de compte* /PAN/
Je les trouve pas bâclés ils valent largement les précédents ! ♥ Le dernier surtout me plait bien. ^^
Bon courage pour le résumé du mental de Georges, j'ai hâte de lire aussi. En espérant toujours que tu ais assez de place !
N'hésite pas à prévenir quand tu as terminé ~

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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 5 Juin - 21:00

J'ai fini le caractère What a Face.

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MessageSujet: Re: GEORGES ▼ we all live in a yellow submarine !   Jeu 5 Juin - 21:18

Eh bien je vais m'empresser de valider cette petite merveille moi hein What a Face.
Avec encore une fois toutes mes félicitations pour ce travail fourni d'une qualité rarement atteignable !
Tu peux RP quand tu veux et si tu veux un rang pour ton perso, tu peux aller demander ici
Bienvenue parmi nous et vivement l'action en RP http://fairy-tail-de

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